Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

mardi 26 septembre 2017

SAINT REINE MEGALOMARTYRE KETEVAN († 1624)


Commémorée le 13/26 Septembre


La sainte Reine mégalomartyre Kétévan était la fille d'Ashotan Mukhran-Batoni, dirigeant éminent de la famille royale Bagrationi. Ketevan, intelligente et pieuse, fut mariée au prince David (Davit), héritier du trône de Kakhétie. Le père de David, le roi Alexandre II (1574-1605), eut deux autres fils, Georges et Constantin, mais conformément à la loi, le trône appartenait à David. Constantin se convertit à l'islam et grandit dans la cour du shah persan Abbas Ier.

Plusieurs années après David et Kétévan se marièrent, le roi Alexandre quitta le trône et fut tonsuré moine à Alaverdi. Mais au bout de quatre mois, en l'an 1602, le jeune roi Davis décéda subitement. Son épouse Kétévan, et ses deux enfants - un fils, Teimuraz, et une fille, Hélène - lui survécurent, et son père monta sur le trône une fois de plus.

En entendant parler de la mort de David et du retour d'Alexandre sur le trône royal, le Shah Abbas ordonna au plus jeune fils d'Alexandre, Constantin-Mirza, de se rendre à Kakheti, d'assassiner son père et son frère cadet, Georges, et de s'emparer du trône de Kakhétie.

Conformément aux instructions, Constantine-Mirza décapita son père et son frère, puis envoya leurs têtes, comme un don précieux, au Shah Abbas. Leurs corps sans têtes, il les envoya à Alaverdi. [1] La Reine veuve Kétévan fut épargnée pour enterrer son beau-père et son beau-frère.

Mais Constantin-Mirza était toujours insatisfait, et il proposa de prendre la reine Kétévan pour épouse. Indigné par sa proposition, les nobles de Kakhétie se soulevèrent, et tuèrent le jeune homme qui avait commis le parricide et profané sa foi et le trône. Après avoir enterré le méchant Constantine-Mirza avec les honneurs dignes de son ascendance royale, Kétévan envoya des dons généreux à Shah Abbas et lui demanda de proclamer son fils Teimuraz, héritier légitime du trône. Alors qu'elle était en attente de sa réponse, Kétévan assuma la responsabilité personnelle du gouvernement de Kakhétie.

Craignant que, s'il rejetait cette demande, le Kakheti serait forcée de se séparer de lui et de s'unir avec Kartli, le Shah Abbas s'empressa d'envoyer le prince Teimuraz en Géorgie, chargé avec de grandes richesses.

En 1614, Shah Abbas informa le roi Teimuraz que son fils serait pris en otage, et Teimuraz fut contraint d'envoyer son jeune fils Alexandre et sa mère Kétévan en Perse. Comme une dernière tentative pour diviser la famille royale de Kakhétie, le Shah Abbas demandé que le prince aîné, Levan, soit amené devant lui, et finalement il appela le roi Teimuraz lui-même.

Les intentions du Shah étaient claires: garder toute la famille royale en Perse et envoyer ses propres vice-rois pour gouverner en Kakhétie. Il chercha à éliminer également le roi Luarsab II de Kartli ainsi, mais Teimuraz et Luarsab décidèrent d'attaquer l'armée perse avec des forces interarmées et de chasser l'ennemi hors de la Géorgie.

Le Shah Abbas envoya ses otages, la reine Ketevan et ses petits-fils, au plus profond de la Perse, tandis que lui-même lançait une attaque sur la Kakhétie. Par le feu et l'épée, le souverain impie pilla toute la Géorgie.

Le palais royal fut rasé, églises et monastères furent détruits et des villages entiers furent abandonnés. Par ordonnance du Shah, plus de 300.000 Géorgiens furent exilés en Perse, et leurs maisons furent occupées par des tribus turques d'Asie centrale. La faim et la violence régnèrent sur la Géorgie.

Les rois géorgiens défaits Teimuraz et Luarsaba cherchèrent refuge auprès du roi Georges III d'Imereti.

Après avoir passé cinq ans en exil à Chiraz (Perse), les princes Alexandre et Levan furent séparés de Kétévan et castrés à Ispahan. Alexandre ne put supporter la souffrance et il mourut, alors que Levan devint fou.

Sainte Kétévan, quant à elle, resta prisonnière du gouverneur de Perse du sud, de souche géorgienne. l'imam Quli Khan-Undiladzé, qui considérait la reine veuve de Kakhétie avec un grand respect. Sur son ordre, Kétévan ne découvrit pas le sort de ses petits-fils.

La reine Kétévan passa dix ans en prison, en priant pour sa patrie et ses proches avec toutes ses forces et en s'astreignant à un régime ascétique rigoureux. Le jeûne et la prière constants, et un lit de pierre épuisèrent son corps autrefois choyés, mais dans son esprit, elle était courageuse et pleine de vitalité. Elle s'occupait de ceux qui étaient assignés à ses soins et les instruisait dans la vie spirituelle.

Après un certain temps Abbas décida de convertir Kétévan à l'islam, et il annonça son intention de l'épouser. Il demanda que sa proposition lui soit transmise le même jour où elle fut informée du sort de ses petits-fils. Comme condition de leur mariage, Abbas insista pour que Kétévan renonce à la foi chrétienne et se convertisse à l'islam. Dans le cas de son acquiescement, l'Imam Quli Khan devait la respecter et l'honorer comme une reine, et dans le cas de son refus, il devait la soumettre à la torture publique. L'imam alarmé supplia la reine de soumettre à la volonté du shah et de se sauver, mais la reine refusa fermement et commença à se préparer pour son martyre. [2]

La reine Ketevan fut vêtue en habit de fête et conduitr à une place bondée. Ses persécuteurs la soumirent à une torture indescriptible: Ils lui placèrent un chaudron de cuivre rouge sur la tête, arrachèrent à sa poitrine avec des pinces chauffées, percèrent son corps de lances ardentes, déchirèrent ses ongles, clouèrent une planche à sa colonne vertébrale, et enfin lui ouvrirent le front avec une pelle rougie au feu.




L'âme de sainte Kétévan quitta son corps, et les bourreaux jetèrent son corps mutilé aux bêtes. Mais le Seigneur Dieu envoya un miracle: ses saintes reliques furent éclairées par une lumière radieuse.

Un groupe de pères missionnaires augustins français, qui avaient été témoins des tortures inhumaines, enveloppèrent le corps de la Reine Kétévan dans des draps parfumés de myrrhe et d'encens, et l'ensevelirent dans un monastère catholique.

Quelque temps plus tard, les saintes reliques de la mégalomartyre Kétévan furent apportées à son fils, Teimuraz, roi de Kakhétie.

Teimuraz pleura sa mère et ses fils et enterra les reliques avec honneur dans la cathédrale Saint-Georges d'Alaverdi.

Assoiffée d'un saint désir tu souffris de nombreuses blessures, Tu enduras d'innombrables tortures, et tu renonças à la majesté terrestre pour te rapprocher du Royaume des Cieux. Ô trois fois bienheureuse Kétévan, supplie le Christ-Dieu d'avoir pitié de nos âmes!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in






lundi 25 septembre 2017

Saint Dosithée, hiéromartyr de Tbilissi († 1795)





Mémoire le 12 (25) Septembre

Trente-cinq mille soldats perses se dirigeaient vers la Géorgie en l'an 1795. Le roi géorgien Erekle II (1762-1798) et ses deux mille soldats déclarèrent la guerre aux envahisseurs alors qu'ils approchaient de Tbilissi. Les Géorgiens  remportèrent la première escarmouche, mais plusieurs périrent dans les combats. L'ennemi fut ébranlé et se préparait à fuir le champ de bataille, quand plusieurs traîtres signalère à Aqa Muhammed Khan que le roi avait perdu toute son armée près de Erekle. Cette trahison décida du sort de la bataille: les cent cinquante soldats qui restaient dans l'armée géorgienne réussirent à peine à sauver la vie du roi Erekle, qui voulait périr sur le champ de bataille avec ses soldats.

Tout Tbilissi fut la proie des flammes. Les pillards tuèrent les gens, mirent le feu aux bibliothèques, détruisirent l'atelier d'impression, et vandalisèrent les églises et les palais du roi. Ils massacrèrent d'une manière particulièrement cruelle les membres du clergé.

Malheureusement, l'histoire n'a pas conservé les noms de tous ces martyrs qui ont péri dans cette tragédie, mais nous savons qu'un certain Dosithée  métropolite de Tbilissi fut tué parce qu'il ne voulait pas abandonner son troupeau. Alors les envahisseurs tuèrent tout simplement la plupart des membres du clergé, de saint Dosithée ils exigèrent une renonciation à la foi chrétienne. Ils lui ordonnèrent de souiller la Vraie Croix Vivifiante de notre Seigneur. Mais le saint hiéromartyr Dosithée endura les plus grands tourments sans céder à l'ennemi, et il accepta avec joie la mort pour l'amour du Christ. Les envahisseurs abattirent le serviteur dévoué du Christ avec leurs épées.

Saint-Dosithée fut martyrisé le 12 Septembre de l'année 1795.

Ton âme se réjouit radieusement avec Dieu, ô saint hiérarque Dosithée. Prie le Très Doux Jésus d'avoir pitié de nos âmes!



Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
+


jeudi 21 septembre 2017

Saints confesseurs Jean ( Ioane Maisouradzé) et Georges-Jean ( Giorgi-Ioane Mkheidzé) (1957 & 1960)

Sts. Giorgi-Ioane (Mkheidze) and Ioane (Maisuradze)
Saint Jean et saint Georges-Jean
Commémorés le 8/21 septembre

L'archimandrite Jean (Basile Maisuradzé dans le monde) est né dans la ville de Tskhinvali dans Le district de Samachablo vers 1882. Il a grandi dans une famille de paysans et a appris à effectuer toutes sortes de travaux manuels. Basile était à peine dans l'adolescence quand il aida Père Spiridon (Ketiladzé), prêtre principal au monastère de Béthania, à restaurer le monastère entre 1894 et 1896.

De son jeune âge,  Basile était impatient d'entrer dans la vie monastique, et en 1903, selon la volonté de Dieu, il déménagea à la skite de Saint-Jean le Théologien au Monastère d'Iveron sur le Mont Athos. Parmi les frères, il se distinguait par sa simplicité et son obéissance. Il fut tonsuré moine et nommé en l'honneur de Saint Jean le Théologien, qu'il vénérait profondément et qu'il cherchait à imiter. Le moine  Jean fut bientôt ordonné prêtre. Tout au long de sa vie, lepère saint se consacra au service de Dieu et de ses frères en Christ, dans l'espoir que sa propre vie pourrait être fructueuse pour eux.

Père Jean est resté sur le Mont Athos pendant dix-sept ans. Puis, en raison des circonstances de plus en plus troublées en ce lieu, il quitta la Sainte Montagne avec les autres moines géorgiens entre 1920 et 1921. Il s'installa au monastère d'Armazi en dehors de Mtskheta, où les bolcheviks avaient laissé un seul moine œuvrant dans la solitude.

Un jour une bande de tchékistes armés ont fait irruption dans le monastère, en sortant à la fois Père Jean et l'autre moine, et leur ont tiré dans le dos.

Croyant qu'ils étaient morts, ils les jetèrent dans une gorge voisine. Un groupe de personnes découvrit plus tard le corps de Père Jean presque inanimé et l'amena au Monastère Samtavro à Mtskheta. L'autre moine ne subit que des blessures mineures et retourna au monastère de son propre chef.

Lorsque son état de santé fut rétabli, le père Jean est allé au monastère de Béthanie, où son premier père spirituel œuvrait toujours. Il fut nommé higoumène peu de temps après. Habitué à travailler dur dès son enfance, il géra habilement les travaux agricoles du monastère. Lorsque les visiteurs venaient au monastère obtenir des conseils ou du réconfort, le père Jean les accueillait chaleureusement, mettant un repas de fête devant eux. Il aimait passer du temps avec ses invités, surtout avec les enfants.

On dit qu'il avait toujours des bonbons ou quelque régal à donner aux tout-petits. Les enfants l'aimaient tellement qu'à la fête de Saint Jean le Théologien, alors qu'il aspergeait l'église d'eau bénite, ils sautaient autour de lui et essayaient d'ébouriffer ses cheveux. Les parents des enfants avaient honte, mais  Père Jean leur assurait joyeusement qu'il était normal d'être si joyeux en un jour de fête.

Vraiment Père Jean était doté d'un amour profond pour les jeunes, et il était également béni du don divin de prophétie et de miracles. Un jour un certain Irakli Ghoudoushauri, étudiant au Séminaire Théologique de Moscou, lui rendit visite au monastère. Père Jean le reçut avec une chaleur exceptionnelle, en le bénissant avec des larmes de joie.

Cet étudiant deviendra plus tard le Catholicos-Patriarche Ilia II, le berger bien-aimé qui continue à mener le troupeau des fidèles géorgiens jusques à ce jour.

Fr. Ioane se disciplinait sévèrement. Il travaillait dur toute la journée et dormait sur une seul morceau de bois. Il passait des nuits entières à prier. Beaucoup se demandaient quand il se reposait et où il avait acquis une telle réserve d'énergie en apparence infinie.

Parfois des voleurs volaient de la nourriture ou des animaux domestiques du monastère. Mais le monastère avait également eu de nombreux protecteurs, même au sein du gouvernement soviétique. Un groupe de chrétiens qui travaillaient pour le gouvernement, tandis qu'ils pratiquaient secrètement leur foi soutenaient  Père Jean et Père Georges (Mkheidze), en expliquant leurs fonctions et en les justifiant auprès du gouvernement en tant que "gardiens d'un monument culturel national."

Beaucoup de miracles accomplis par Père Jean nous sont connus aujourd'hui, mais il se gardait de recevoir l'honneur de ses actes. Les pères Jean et Georges guérissaient les sourds, et un grand nombre de malades en phase terminale leur étaient amenés pour être guéris. Après avoir passé plusieurs jours dans le monastère, les infirmes étaient miraculeusement purifiés de leurs maladies.


The church of Betania Monastery
Eglise du Monastère de Batania


Père Jean portait la plus lourde charge de travail dans le monastère. Il sympathisait profondément avec Père Georges, qui était malade physiquement et inapte au travail ardu. Mais Père Jean quitta cette vie avant Père Gorges. Père  Jean tomba malade et reposa en 1957, à l'âge de soixante-cinq ans. Il fut enterré au monastère de Betania.

Père Georges (Mkheidze) est né dans le village de Skhvava dans la région de Racha vers 1877. Il  reçut une éducation militaire, chose très appréciée au sein de l'aristocratie de Géorgie, mais au lieu de poursuivre une carrière militaire pour la défense de l'empire russe, il se consacra au mouvement de libération nationale de la Géorgie.

À un certain moment le pieux et savant Georges travailla pour saint Ilia le Juste comme secrétaire personnel. Il rencontra souvent le père spirituel de saint Ilia, le saint hiérarque Alexandre (Okropiridzé), et le saint hiéromartyr Nazar (Lejava), et il fit également connaissance avec d'autres dirigeants spirituels de l'époque.

Désireux de sacrifier sa vie à Dieu, Giorgi fut tonsuré dans le monachisme par le saint hiéromartyr Nazaire (Nazar). Son caractère rare combinait une conduite de noble avec l'humble ascétisme d'un moine. Père Georges fut ordonné prêtre et, peu après élevé au rang d'archimandrite. Rempli de l'amour divin et de sentiment patriotique, et père saint supporta volontiers les lourdes charges et les tribulations spirituelles qui affligeaient son pays à cette époque.

En 1924, tandis que Père Georges œuvrait au monastère de Khirsa en Kakhétie, en Géorgie orientale, une foule tchékiste armée fit irruption dans le monastère. Les auteurs de ce méfait  le battirent, lui coupèrent les cheveux, rasèrent sa barbe, et menacèrent de prendre sa vie. Il se réfugia dans sa famille, mais en vain, ses frères, qui étaient athées, rasèrent sa barbe alors qu'il dormait. (Un des frères de Père Georges se suicida par la suite, et l'autre, avec son épouse, fut abattu par les tchékistes.) Dans la même année, Père Georges visita le Monastère de Betania et fut introduit auprès du Père Jean (Maisuradzé), avec qui il œuvra pour le reste de sa vie.

La santé de Père Georges était pauvre, et il était en mesure d'effectuer seulement le plus légères des tâches autour du monastère. Il s'occupait du potager et avait pris la responsabilité d'élever les abeilles. Il était extrêmement généreux. Par moments, il donnait toute la nourriture du monastère aux nécessiteux, assurant Père Jean que Dieu Lui-même fournirait leur pain quotidien.

Grand, mince, et avec une posture droite, Père. Georges était sévère en apparence et dans son comportement. Il parlait très peu avec d'autres personnes, et les enfants ne jouaient pas avec lui comme ils l'avaient fait avec Père Jean. Connaissant son caractère, ils essayaient de lui plaire en récitant des prières et en se comportant bien. Père Georges n'aimait pas quitter le monastère, mais il était souvent nécessaire pour lui de se rendre à Tbilissi pour visiter ses enfants spirituels -parmi lesquels se trouvaient de nombreux chrétiens cachés qui travaillaient pour le gouvernement.

Père Georges était doté des dons de prophétie et de guérison, mais il prenait soin de les cacher. Lorsqu'il était contraint de les révéler, il faisait croire qu'ils n'étaient rien d'extraordinaire. Un jour un certain pèlerin arriva au monastère et fut surpris de découvrir que Père Georges le connaissait de nom. Sentant son grand étonnement, Père Georges dit au pèlerin qu'il avait assisté à son baptême quelques trente ans plus tôt, dissimulant ainsi son don de Dieu. Père Georges sut à l'avance quand son neveu amenait ses sœurs, qu'il n'avait pas vues en quarante-huit ans, pour lui rendre visite au monastère durant le Grand Carême. Éclairé par cette prescience, Père Georges prépara du poisson et un repas de fête en l'honneur de cette occasion.

Les prières de l'higoumène Georges et du Père Jean guérirent le neveu de ce dernier, qui avait été touché par une souche mortelle de méningite. Ils restaurèrent l'ouïe d'un enfant sourd et guérirent beaucoup d'autres gens de leurs infirmités corporelles.

En 1957, quand Père Jean reposa dans le Seigneur, Père Georges fut tonsuré dans le grand schème. On lui donna le nom de Jean en l'honneur de son frère spirituel nouvellement décédé. Père Georges-Jean portait maintenant l'entière responsabilité des affaires du monastère. Son état de santé se détériora encore sous le poids de ce joug pesant. Ses enfants spirituels commencèrent à venir de la ville pour s'occuper de lui. Un jour une jeune fille de vingt ans, arriva au monastère, se plaignant de maux de tête incessants. On lui avait dit que l'eau du monastère de Betania la guérirait. Elle y resta pendant une semaine et fut miraculeusement guérie. Quand elle partit pour retourner à la maison, Père Georges-Jean, en dépit de sa fragilité physique, marcha pendant sept kilomètres pour la voir.

The graves of Sts. Ioane and Giorgi-Ioane
Tombes des deux saints

La Mère de Dieu apparut au père Georges-Jean dans une vision et soulagea sa terrible douleur physique. La protomartyre Thècle lui apparut aussi, lui présentant une grappe de raisin. Quelques jours avant son repos, le père saint était en ville, quand un ange lui apparut et lui annonça son natalice imminent. L'ange lui dit de retourner au monastère pour se préparer à son départ de ce monde.

Saint-Georges-Jean (Mkheidzé) naquit au Ciel en 1960. Il fut enterré au Monastère de Betania, à côté de Püre Jean (Maisuradzé). Ces vénérables pères ont été canonisés le 18 Septembre 2003, lors d'un concile du Saint-Synode, sous la direction spirituelle de Sa Sainteté Ilia II, Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie. Les pères Jean et Georges-Jean ont été considérés avec affection comme "une seule âme dans deux corps."

Vous êtes apparus faisant du désert votre demeure, anges dans la chair et thaumaturges. Par les jeûnes, les veilles et les prières vous avez reçu des dons célestes. C'est pourquoi vous avez guéri les malades et les âmes de ceux qui accouraient vers vous. Ô Pères théophores Jean et Georges-Jean, suppliez le Christ-Dieu d'avoir pitié de nos âmes!


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in

jeudi 14 septembre 2017

VÉNÉRABLE SYMEON le ​​Thaumaturge († 1773)



Mémoire le 1/14 Septembre
Saint Syméon fut élevé au monastère de Davit-Gareji. Il y œuvra comme  simple moine jusqu'à ce qu'il atteigne un âge avancé, et il fut choisi pour être higoumène. Exceptionnel de vertu et d'humilité, saint Symeon était doté par le Seigneur de la possibilité de faire des miracles.

Un jour, saint Symeon devint gravement malade et il fut étendu sans vie pendant plus d'une heure. Puis, par la Divine Providence, il se leva et distribua tous ses biens aux pères du monastère pour qu'ils le commémorent.

Lorsque saint Sérapion entendit parler de ce miracle, il se hâta d'aller vers l'higoumène Symeon, son père spirituel, et, éclairé par la grâce prophétique, le réconforta: "O Père honorable, donne-moi tes mains saintes que je puisse les embrasser. Comme je désire que ces mains enterrent la poussière de mon corps sans valeur, mais maintenant tu quittes ce monde avant moi. Tu t'en vas, mon Père, mais sans toi je ne vais pas rester longtemps sur cette terre! Je vais bientôt te suivre."


Davit-Gareji Monastery, where St. Svimeon labored



Monastère de Davit-Gareji, où saint Syméon œuvra

Ainsi, les Pères lui dirent adieu pour la dernière fois. Saint Syméon régla ses affaires au monastère, et en 1773 il reposa en paix, une semaine exactement après qu'il se fut remis de sa maladie mortelle.

Tu habitas dans le désert comme un ange dans la chair et un thaumaturge, ô père théophore Symeon. Tu reçus du ciel les vertus du jeûne, de  la vigilance et de la prière et et tu guéris les infirmes d'âme et de corps qui accouraient vers toi. Gloire à Celui Qui t'accorda la force, la gloire à Celui Qui te couronna, gloire à Lui Qui par toi accomplit des miracles!


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in

dimanche 10 septembre 2017

Sainte Reine et martyre royale Suzanne [Chouchanik († 475)]



Mémoire le 28 août /10 septembre


Sainte Suzanne (Chouchanik) était l'épouse du prince géorgien Varsken, souverain [1] d'Hereti. Ayant été élevé dans une famille chrétienne pieuse, elle était profondément pénétrée de l'amour et de la crainte de Dieu.

À ce moment, Kartli était sous forte pression politique de la Perse, et le prince Varsken rendit visite au roi perse Peroz dans l'espoir d'encourager des relations plus amicales entre les deux pays. Il renia volontairement la vraie foi, se convertit au culte du feu, et promit au roi de convertir sa femme et ses enfants à son retour en Hereti.

Ayant approché de la frontière d'Hereti, Varsken envoya des messagers à Tsurtavi, la ville qu'il gouvernait, pour que ses sujets viennent à sa rencontre avec le respect dû à son rang. La bienheureuse Suzanne, ayant appris la trahison de son mari, tomba au sol et pleura sur lui avec des larmes amères. Puis elle prit ses quatre enfants, déserta le palais, et chercha refuge dans une église voisine.

Ce soir-là Suzanne eut la visite de son père spirituel, le staretz Jacques (Iakob), qui prédit, "la cruauté et le manque de pitié de Varsken sont indéniables. Sache que de terribles épreuves t'attendent. Veux-tu être ferme et inflexible dans ta position? "

"Je préfère mourir que de m'unir avec lui et détruire mon âme!" Répondit-elle.

Trois jours plus tard, le prince arriva en Tsurtavi. Comme promis, il essaya de persuader sa femme de se convertir, mais sainte Suzanne répondit fermement: " De même que tu as renoncé à ton Créateur,  je renonce à toi. Je ne veux plus prendre part à tes affaires, quelle que soit la souffrance que je dois endurer! "

La fois suivante, Varsken envoya son jeune frère Jojik et l'évêque Apots pour convaincre Suzanne de retourner au palais. Suzanne refusa pendant un certain temps, mais à la fin elle céda à leur persuasion. Elle partit pour le palais avec le Saint Evangile et la Vie des Saints Martyrs, et quand elle arriva, elle s'enferma dans une cellule sordide.

Deux jours plus tard Varsken revint au palais et invita Chouchanik, son frère Jojik, et sa sœur pour le souper. La reine, cependant, ne pouvait se résoudre à partager un repas avec quelqu'un qui avait trahi le Christ: elle repoussa la tasse que la femme de Jojik lui avait offerte,  irritant encore davantage son époux.

Varsken furieux, battit sa femme sans pitié, l'entrava dans les fers, l'enferma en prison, et interdit aux gardes de laisser quiconque la voir.

Sainte Suzanne passa six ans en captivité. Pendant qu'elle purgeait sa peine, elle aida les pauvres qui venaient à elle. Par ses prières les malades furent guéris et des enfants naquirent chez celles qui étaient stériles.

Avant sa mort, la sainte martyre Suzanne bénis ceux qui étaient autour d'elle et demanda à être enterrée à l'endroit où son mari non-croyant l'avait traînée hors du palais.

Ceci advint en l'an 475. Le clergé et le peuple pleurèrent amèrement sur le destin tragique de Suzanne. Ses reliques furent enterrées conformément à sa volonté.

En 578, avec la bénédiction du Catholicos Kirion I, les saintes reliques de sainte Suzanne furent transférées à Tbilissi, où elles demeurent aujourd'hui dans l'Eglise de la Très Sainte Génitrice de Dieu de Metekhi.

Ô sainte Suzanne, à cause de la transgression de ton époux, tu fus ornée d'une couronne de martyre, et tu refusas le rang de reine terrestre en faveur du Royaume céleste. Maintenant tu te tiens avec hardiesse devant l'Epoux, le Christ Immortel. Protège-nous, nous qui louons ton nom!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
+



Note: [1] Comme l'Hereti (Province du Sud-Ouest de la Géorgie) était sous contrôle persan à l'époque, Varsken était en fait le viceroi au service des perses.

mercredi 6 septembre 2017

Vénérable Sérapion le Thaumaturge du Monastère Saint-Jean-Baptiste († 1774)

St. Serapion the Wonderworker

Mémoire le 24 août/6 septembre


Saint Sérapion était higoumène du monastère de Saint-Jean-Baptiste dans le désert de Davit-Gareji. Il fut doté par Dieu de la possibilité de faire des miracles.

Un jour saint Sérapion partit pour la ville, suivant à une courte distance  plusieurs des frères du monastère.

Alors qu'ils cheminaient, un groupe de bandits attaqua les moines qui marchaient devant leur higoumène et s'enfuirent avec de nombreux vases de l'église qu'ils portaient.

Terrifiés, les moines coururent de nouveau vers Sérapion et lui racontèrent ce qui s'était passé.

"Dieu est grand!" Dit Sérapion. "Je ne permettrai pas que les incroyants Lui volent Ses objets sacrés!"

Bâton à la main, le starter courut devant seul, à la poursuite des voleurs. Quand les voleurs se retournèrent, ils virent une terrible flamme sortant sortir du bâton du starter et ils furent grandement effrayés. Ils abandonnèrent l'âne qui portait leur butin et prirent la poudre d'escampette.

Une autre fois, Sérapion sortit soudain de sa cellule et cria à frères: "Malheur à moi! Malheur à moi! Les voleurs ont attaqué les serviteurs sur leur chemin vers le monastère! "

Ayant fait cette annonce effrayante, il retourna à sa cellule et commença à prier. Après quelques heures, les serviteurs désemparés arrivèrent au monastère et déclarèrent que des bandits les avaient attaqués le long du chemin. Les serviteurs déclarèrent que, lors de leur fuite, leurs agresseurs avaient abandonné les mules qui tiraient les choses appartenant au monastère. Peu de temps plus tard, les mules arrivèrent au monastère non accompagnées, portant leur charge comme auparavant.

Saint Sérapion abandonna finalement son rôle d'higoumène du monastère. Il fut tonsuré dans le grand schème et se retira dans la solitude. Peu de temps après, Dieu lui révéla que sa mort était proche, et il demanda aux frères de l'enterrer sous les portes de l'église, dans une tombe qu'il avait préparée pour lui-même. Il voulait que tous ceux qui entrent là, marchent sur sa tombe.

Saint Sérapion reposa en Christ dans l'année 1774.

Toi qui as été doté de la sainteté divine et de l'humilité, ô bon prédicateur de la foi chrétienne, saint Père Sérapion, prie Dieu pour nous!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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dimanche 3 septembre 2017

Saint Catholicos Sarméan (†774)


Mémoire le 21 août /3 septembre


Les chroniques, énumérant les générations des Pasteurs en chef de la Géorgie,révèlent que saint Sarméan était chef de l'Eglise apostolique géorgienne de l'année 767 (ou 760, selon certaines sources) jusques à l'an 774. Ce furent les années de domination arabo-musulmane en Géorgie. Les Arabes persécutèrent les chrétiens, opprimèrent ceux qui servaient dans l'Eglise, et essayèrent par tous les moyens de convertir le pays à l'Islam. Malgré les violations effroyables que les fidèles endurèrent et la transformation de la ville en résidence de l'émir, de nombreuses églises de Tbilissi continuèrent à fonctionner.

Sarméan était un ferme défenseur de l'Orthodoxie. Un jour, cependant, le jeudi de la tyrophagie au Monastère de Shio-Mgvime, un groupe d'inconnus portant des cadeaux arriva au monastère. Il leur donna la Sainte Communion sans jamais s'interroger sur leur foi. Plus tard, il apprit qu'ils étaient Jacobites.

Sa négligence lui fut révélée dans un rêve cette nuit-là.

Quand il se réveilla le lendemain matin, le Catholicos Sarméan convoqua les évêques, confessa son erreur, brûla sous leurs yeuy les cadeaux que les Jacobites lui avaient donnés, et partit pour une grotte isolée, où il pleura avec des larmes amères sur son péché.

Mais le Seigneur Tout-miséricordieux envoya un signe à saint Sarméan pour l'informer que sa transgression avait été pardonnée. Les évêques envoyèrent un message de Mtskheta: "Ô grand souverain patriarche Sarméan! Réjouis-toi! Nous, tes enfants spirituels, les croyants dans ta sainteté, l'ensemble du conseil des évêques, tenons à t'informer que saint Shio est apparu et a dit à chacun de nous cinq que le Seigneur avait remis ton péché. Hâte-toi et convoque-nous au monastère, pour que nous puissions rendre grâce à notre Saint-Père Shio! "

Le saint Catholicos Sarméan, divinement doué d' humilité, de foi, d'amour et de crainte de Dieu, conduisit son troupeau à bon escient jusques à la fin de ses jours et reposa en paix dans l'année 774.

Ô grand souverain et Patriarche, saint Catholicos Sarméan, aie pitié de tes enfants et tous ceux qui croient en ta sainteté!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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mercredi 30 août 2017

Saint Tbéli Abouséridzé (13ème siècle)




Mémoire le 17/ 30 août

Le saint Père Tbéli Abouséridzé vécut et œuvra au 13ème siècle. Son père Jean (Ioane), archiduc du Haut Atchara, périt dans une bataille contre les Turcs. Après que la mère de Tbeli soit devenue veuve, elle fut tonsurée moniale et reçut le nom de Catherine (Ekaterine). Les frères de Tbeli, Abuseri et Bardan, furent aussi des figures bien connues dans leur temps.

Saint Tbéli reçut une éducation digne de son noble rang et réussit à développer pleinement ses capacités naturelles.

Saint Tbéli laissa une marque indélébile dans l'histoire de la culture géorgienne comme hymnographe, astronome, expert en musique sacrée, et érudit dans divers domaines d'intérêt. Nous savons par ses œuvres qu'il construisit une église en l'honneur de saint Georges dans le village de Khikhani (dans le haut Atchara), et il a été suggéré qu'il composa, dans ce village, la plupart de ses œuvres, dont une chronique de ses propres ancêtres,. Il avait sept enfants qu'il amena là, et à la fin de sa chronique, il laissa un second testament, commandant que les générations futures de sa famille soient amenées là aussi.

Saint Tbéli contribua énormément à la vie de l'Academy de Gélati. Les historiens pensent que ce fut là qu'il reçut la formation générale qui lui a permis de s'exprimer dans tant de domaines différents.

La collection des hymnes de saint Tbéli à saint-Jean-Baptiste, saint Jean le Théologien et saint Jean Chrysostome révèle sa vraie piété et son talent d'écrivain d'Eglise. Les profondes idées théologiques, la compréhension symbolique et mystique des phénomènes, la "connaissance du visible" et la "compréhension de l'invisible" évidentes dans cette œuvre, peignent saint-Tbéli comme quelqu'un tout aussi doué, à la fois comme savant et comme théologien.

Saint Tbéli était fasciné par la science de la chronologie, et il compila  un ouvrage intitulé Chroniques: Commentaires et règles complets pour résoudre certains des problèmes liés à la chronologie. Combinaison d'une solide connaissance de l'astronomie et de l'histoire, ce travail exprime le sens cosmique du calendrier julien et de l'eschatologie chrétienne.

Le célèbre ouvrage hagiographique de saint Tbéli Le Nouveau Miracle du Grand-martyr Georges, contient des informations précieuses sur l'historique des efforts de la famille Abuséridzé pour faire revivre la culture géorgienne au cours de l'ancienne époque féodale.

Tout en poursuivant ses intérêts littéraires et savants, saint Tbeli œuvra également comme saint et pasteur qui craint Dieu. L'Eglise apostolique géorgienne compta notre saint Père Tbéli Abuséridzé parmi les saints, en reconnaissance des innombrables bonnes actions qu'il accomplit au nom de l'Eglise et de son peuple.

Rempli de la vertu de la sagesse théologique, tu as illuminé le monde par la connaissance divine. Ô saint Père Tbéli, accorde à ta nation l'amour de la sainteté!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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mardi 29 août 2017

Saint martyr Christophe (Kristepore) Gourouli




Mémoire le 16 /29 août


On croit communément que saint Christophe (Kristepore) Gourouli a été martyrisé, mais peu d'informations le concernant existent pour le prouver. Le nom de Christophe a été conservé dans la mémoire de la nation, et il est commémoré dans le calendrier de l'Église.

L'ascendance géorgienne du saint martyr Christophe est indiquée par son appellation, "Gourouli", qui signifie "de la province de Guria (Géorgie occidentale)." De là, les historiens de l'Église ont été amenés à croire que le saint martyr Christophe œuvra en Géorgie.

Tu as reçu la Croix du Christ avec beaucoup de zèle et tu souffrir pour Lui. Ô saint martyr Christophe, prie Dieu pour nous!



Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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dimanche 27 août 2017

Saints Martyrs Métropolite Nazaire (Nazar) de Kutaisi-Gaenati, prêtres Germain (German), Hiérothée (Ierotheos et Simon, archidiacre Bessarion, et tous les nouveaux martyrs du régime totalitaire († 1924)



Mémoire le 14/ 27 août



Le Métropolite Nazaire (Nazar) de Kutaisi-Gaenati est né en 1872 dans le village de Didi Jikhaishi dans l'Iméréthie. Ses ancêtres appartenaient à une longue lignée de membres du clergé, et le futur métropolite fut nourri dans l'Eglise dès les premières années de sa jeunesse.

Nazaire (connu dans le monde comme Joseph [Ioseb]) reçut son éducation à l'école théologique de Kutaisi. En 1892, il obtint son diplôme du séminaire de Tbilissi avec les honneurs et commença à servir dans l'Église, d'abord en tant que diacre et plus tard (à partir du 9 Février, 1893) en tant que prêtre. En 1904, après une série de tragédies personnelles (d'abord mort de sa femme, puis de ses deux filles), Nazaire fut tonsuré moine. Le 4 Novembre 1918, il fut intronisé comme Métropolite de Kutaisi.

Les années 1922-1923 marquèrent une période difficile dans l'histoire de l'Eglise géorgienne. Les bolcheviks rasèrent douze cents églises, détruisirent une grande partie de la richesse de l'Eglise, brûlèrent de nombreux manuscrits rares, et persécutèrent les dirigeants spirituels, et en particulier les nationalistes géorgiens.

Le 10 Février 1921, suite à l'invasion de la Géorgie par l'Armée rouge, les trésors des cathédrales de Sioni et de Svetitskhoveli furent emportés à Kutaisi pour les sauvegarder. Le Patriarche Léonide donna sa bénédiction pour que quatre boîtes d'objets sacrés soit enterrées sous le porche de la résidence du Métropolite Nazaire, qui était située sur le terrain de la cathédrale de Bagrati.

Après les bolcheviks aient assuré leur occupation de la Géorgie, ils découvrirent les trésors qui avaient été enterrés et ils arrêtèrent le Métropolite Nazaire. Ils l'accusèrent d'agitation contre le gouvernement et de dissimulation des biens de l'Église. Au cours de la procédure judiciaire on demanda au Métropolite pour qui il avait caché le trésor, et il répondit: "Pour l'Eglise et le peuple géorgien!"

Le tribunal condamna Nazaire à la punition la plus sévère: l'exécution par un peloton d'exécution, mais la sentence fut ensuite annulée. En fin de compte, les bolcheviks emprisonnèrent le hiérarque et confisquèrent ses biens personnels.

En Avril 1924 le Métropolite Nazaire reçut l'amnistie et fut libéré après deux ans de prison. Il retourna dans son diocèse, qui a été l'objet de nombreuses épreuves. Il ne fut pas autorisé à retourner à sa résidence, mais il fut obligé de demeurer avec son frère, alors que son ancienne maison avait été transformée en centre de stockage.

Le 14 Août 1924, une délégation du village de Simoneti vint à la métropole pour lui demander de consacrer son église locale. À l'heure dite, le métropolite arriva à Simoneti avec sa suite et consacra l'église. Cette nuit-là, un groupe de tchékistes (agents de sécurité soviétiques) firent irruption dans la maison où le Métropolite Nazaire et son entourage séjournaient, les lièrent et les battirent, puis les traînèrent devant le soviet de village. Sans enquête, la Troïka (un conseil soviétique extraordinaire de trois juges) condamna à mort le Métropolite Nazaire et quatre autres prêtres: le prêtre Germain Djadjanidzé, le prêtre Hiérotée Nikoladzé, le prêtre Simon Mtchédlidzé, et l'archidiacre Bessarion Koukhianidzé. Ils furent abattus dans la forêt de Sapitchkhia.

En 1994, avec la bénédiction du Patriarche-Catholicos Ilia II, le Conseil ecclésiastique complète de l'Eglise géorgienne décida d'un commun accord de canoniser le Métropolite Nazaire et les membres du clergé qui furent martyrisés avec lui. Dans le même temps, le conseil canonisa tous les chrétiens orthodoxes qui, pour leur foi et l'indépendance de leur patrie, furent victimes du régime totalitaire. Ils les proclamèrent les "Nouveaux Martyrs de l'Eglise géorgienne."

Ô saints Nouveaux-Martyrs torturés par l'ennemi impie, intercédez pour nous auprès de la Sainte Trinité et demandez de Christ Dieu grande miséricorde pour nos âmes!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
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