Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

jeudi 30 juin 2016

Saint martyr Shalva d'Akhaltsikhe († 1227)


Holy Matyr Shalva of Akhaltsikhe

Mémoire le 17/30 Juin

Saint Shalva [nom signifiant Tranquillité en géorgien] d'Akhaltsikhe fut un brillant commandant militaire dans l'armée de la reine Tamara et Prince d'Akhaltsikhe. Après sa victoire à Shamkori dans la région de Ganja, Shalva emporta avec lui le drapeau du calife, comme signe de l'invincibilité de la foi chrétienne, et le donna, avec la richesse qu'il avait gagnée, comme  offrande à l'Icône de la Mère de Dieu de Khakhouli. Pour son service désintéressé, la reine Tamara lui décerna le grade de commandant en chef de l'armée géorgienne.

Pendant le règne de la fille de la reine Tamara Rousoudan (1222-1245), les armées du Sultan Jalal al-Din firent irruption en Géorgie. Rousoudan rallia les forces géorgiennes et nomma un nouveau commandant en chef du nom de Jean (Ioane) Atabeg.

 Six mille Géorgiens affrontèrent une armée musulmane de deux cent mille hommes près du village de Garnisi. Le commandement de la garde fut confié aux braves et valeureux frères Shalva et Jean (Ioane) d'Akhaltsikhe, tandis que Jean Atabeg resta avec le corps principal de l'armée pour la bataille décisive.

L'avant-garde se battit courageusement, bien que l'armée de l'ennemi la dépassât largement en nombre. Les frères se battirent avec une grande dévotion, dans l'espoir d'un soutien du commandant en chef, mais Jean Atabeg fut saisi d'envie - plutôt que de peur - et ne leur offrit jamais son aide. "Ô envie, source de tous les maux!" Écrivit un chroniqueur de l'incident.

L'ennemi dévasta l'armée géorgienne, tuant quatre mille de ses plus vaillants soldats. Parmi eux se trouvait Jean d'Akhaltsikhe, dont le frère Shalva fut capturé et livré comme esclave à Jalal al-Din.

 Jalal al-Din fut ravi d'avoir le célèbre soldat et chef militaire amené devant lui. Il le reçut avec l'honneur approprié, lui offrit des villes de grande richesse, et lui promit plus s'il acceptait de se convertir à l'islam.

Jalal al-Din chercha avec beaucoup de persévérance à convertir Shalva à l'islam, mais ses efforts furent vains: Shalva ne se laissa pas convertir, et rien au monde ne pouvait le faire changer d'avis. Alors, le sultan ordonna qu'il soit torturé à mort.

Après que des heures de tourment ne réussirent pas à le tuer, les serviteurs de Jalal al-Din jetèrent le martyr à moitié mort en prison, où il reposa plus tard en Christ.

Par l'intercession et la protection de ton saint martyr Shalva, ô Dieu de miséricorde, purifie-nous de la multitude de nos péchés!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006





mercredi 29 juin 2016

Saint Khaiskhoro le Géorgien (1612)



Fête le 16/29 juin

La vie de Saint Kaikhosro le Géorgien a été transmise à notre siècle, dans les œuvres de l'archevêque Timothée (Gabachvili), célèbre figure de l'Eglise et historien du 18e siècle.

Dans un passage décrivant les fresques et les livres de la commémoration du monastère de la Sainte Croix à Jérusalem, l'évêque Timothée écrit que l'icône de Saint Kaikhosro le Géorgien fait partie des fresques sacrées.

Selon les livres de  commémoration du monastère de la Sainte Croix, Saint Kaikhosro le Géorgien a été torturé à mort par le shah Abbas I en 1612 pour sa pieuse vénération des saintes icônes.

Protecteur de toutes bonnes choses 
et guide de ceux qui te prient, 
ô saint martyr Kaikhosro, 
prie Dieu pour nous!


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Archiprêtre Zakaria Machitadze
THE LIVES OF THE GEORGIAN SAINTS
Saint Herman of Alaska Press
Platina, California, USA 
2006

dimanche 26 juin 2016

Saint Antime d'Ibérie, Métropolite de Valachie († 1716)

St. Antimos the Iberian

Mémoire le 13/ 26 juin

Saint Antime d'Iberie était une des personnes les plus instruites de son temps. Il parlait couramment plusieurs langues, dont le grec, le roumain, le vieux slave, l'arabe et le turc et il était bien versé dans la théologie, la littérature et les sciences naturelles. Il était exceptionnellement doué pour les arts - la peinture, la gravure et la sculpture en particulier. Il était célèbre pour sa belle calligraphie. Enfin, saint Antime était un grand écrivain, un orateur renommé, et un réformateur de la langue roumaine écrite.

On en sait peu sur la jeunesse de saint Antime. Il était originaire de la région de Samtskhe dans le sud de la Géorgie. Ses parents, Jean (Ioane) et Marie (Mariam), lui donnèrent le nom d'Andria au baptême. Il accompagna le roi Archil en Russie et l'aida à y fonder une imprimerie géorgienne, mais après son retour, il fut capturé par des brigands Daguestanais et vendu comme esclave. Grâce aux efforts du Patriarche Dosithée de Jérusalem, Antime fut finalement remis en liberté, mais il resta au service du Patriarche afin de parfaire son éducation spirituelle.

Déjà célèbre pour ses peintures, gravures et calligraphies, Antime fut demandé par le prince Constantin Brâncoveanu (1688-1714) de Valachie (Roumanie actuelle) pour se rendre dans son royaume autour de l'an 1691. Après son arrivée en Valachie, il commença à gérer un atelier local d'imprimerie. L'industrie de l'imprimerie dans ce pays avança rapidement à l'époque, et la source d'inspiration principale et la force motrice derrière ces grandes avancées fut le maître géorgien Antime. Il réussit à faire de la Valachie un centre du christianisme et un important éditeur de livres pour tout l'Orient.

En 1694 Antime fut intronisé comme higoumène du monastère de Snagov (dans l'actuelle Roumanie), où il fonda bientôt un atelier d'imprimerie. Dans la même année son nouvel atelier d'imprimerie publia Lignes directrices pour les offices divins, le 21 mai, jour de la Toussaint. Le livre fut signé par ll'hypodiacre Michael Ichtvanovitch, futur fondateur de la première imprimerie géorgienne.

En 1705 Antime, "l'élu entre les higoumènes élus de Valachie», fut ordonné évêque de Rimnicu Vilcea, et en 1708 il fut nommé Métropolite de Hongrie-Valachie. Le pays tout entier célébré son élévation à cette dignité. Comme un higoumène le proclama: «Le divin Antime, grand homme et fils de la sage nation ibérique, vint en Valachie et éclaira notre terre. Dieu lui accorda une source inépuisable de sagesse, lui a confié d'accomplir de grands projets, et contribua à faire avancer notre nation en établissant pour nous une grande industrie de l'imprimerie ".

Sous l'autorité directe de saint Antime, plus de vingt églises et monastères furent érigées en Valachie. D'une importance particulière est le monastère de Tous les Saints, situé dans le centre de Bucarest.

Les portes principales de ce monastère ont été faites de chêne et sculptées avec des motifs traditionnels géorgiens par saint Antime lui-même. Le Métropolite a également établi des règles pour le monastère et déclaré son indépendance de l'Eglise de Constantinople.

Depuis le jour de sa consécration, le Métropolitaine Antime se battit sans relâche pour la libération de la Valachie des oppresseurs étrangers. Le jour où il fut ordonné il s'adressa ainsi à ses ouailles: "Vous avez défendu la foi chrétienne dans la pureté et sans faute. Néanmoins, vous êtes entourés et étroitement liés par la violence des autres nations. Vous endurez d'innombrables privations et des tribulations de ceux qui dominent ce monde... Bien que je sois indigne et je sois bien plus jeune que beaucoup d'entre vous - comme David, je suis le plus jeune de mes frères - le Seigneur Dieu m'a oint pour être votre pasteur. Ainsi, je vais partager vos futures épreuves et tristesses et participer au destin que Dieu a établi pour vous. "

Ses paroles étaient prophétiques: En 1714, les Turcs exécutèrent le prince valaque Constantin Brâncoveanu, et en 1716 ils exécutèrent Etienne (Stefan) Cantacuzène (1714-1716), dernier prince de Valachie.

A sa place, ils nommèrent le Phanariote [1] Nicholas Mavrokordatos, qui se préoccupait uniquement des intérêts de l'Empire ottoman.

Pendant cette période difficile, Antime d'Ibérie réunit autour de lui un groupe de fidèles bobards patriotes déterminés à libérer leur pays de la domination turque et Phanariote. Mais Nicolas Mavrokordatos devint suspicieux, et il  ordonna au Métropolite Antime de démissionner. Quand Antime ne le fit pas, il déposa une plainte auprès de Patriarche Jérémie de Constantinople. Alors un conseil des évêques, qui ne comprenait pas un seul prêtre roumain, condamna la "conspirateur et l'instigateur de l'activité révolutionnaire" à l'anathème et à l'excommunication et il fut déclaré indigne d'être appelé moine.

Mais Nicolas Mavrokordatos était toujours insatisfait et il affirma que de refuser à Antime le titre de Métropolite de Hungrie-Valachie était une punition insuffisante. Il ordonna qu'Antime soit exilé loin de Valachie, au monastère Sainte-Catherine sur le Mont Sinaï. Le Métropolite Antime, bien-aimé du peuple roumain, fut escorté hors de la ville pendant la nuit, car les conspirateurs craignaient la réaction du peuple.

Mais le Métropolite Antime n'atteignit jamais le Mont Sinaï.

Le 14 Septembre 1716, un groupe de soldats turcs poignarda à mort saint Antimos sur la rive de la rivière Toundja (Tunca) là où elle traverse Andrinople, non loin de Gallipoli, et jeta les restes de cette boucherie dans la rivière.

Ainsi se termina la vie terrestre d'un saint très géorgien - un homme qui consacra toute sa force, son talent et sa connaissance à la renaissance de la culture chrétienne et à l'affermissement du peuple valaque dans la foi orthodoxe.

En 1992, l'Eglise roumaine canonisa Antime d'Ibérie et proclama que sa journée de commémoration devait être le 14 Septembre, jour de son repos en Christ. L'Eglise géorgienne le commémore le 13 Juin.

Tu as habité sur la terre comme un ange, ô saint hiérarque Antime, et maintenant ton âme se réjouit avec les anges au Ciel. Accorde-nous aussi d'être rendus dignes de la vie éternelle!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006

[1] Phanariote: un membre de l'une des principales familles grecques du Phanar, le quartier grec de Constantinople, qui, en tant qu'administrateurs de la bureaucratie civile, exerçait une grande influence dans l'Empire ottoman après la conquête turque.

samedi 25 juin 2016

Vénérable Jean (Ioane-Tornike) du Mont Athos (10ème siècle)

The Holy Georgian Fathers of Iveron: St. Ekvtime, St. Ioane-Tornike, St. Ioane, St. Gabriel, and St. Giorgi.
Saints Pères Géorgiens d'Iveron: 
saint Euthyme (Ekvtime), saint Jean (Ioane-Tornike),
 saint Jean (Ioane), saint Gabriel 
et saint Georges (Giorgi).

Mémoire le 12 /25 juin

Tornike Eristavi [1] (plus tard Jean-Tornike du Mont Athos) était un commandant de l'armée géorgienne célèbre pour ses victoires dans la guerre et un favori du roi David (Davit) Kouropalates. Finalement, il abandonna sa gloire mondaine et partit à la recherche de son père spirituel, saint Jean sur le Mont Olympe. Là, il apprit que saint Jean était parti au Mont Athos, donc il y alla et s'installa avec lui dans un monastère dirigé par saint Athanase du Mont Athos. Il fut tonsuré moine sous le nouveau nom de Jean  (Ioane).

Bientôt, de nombreux Géorgiens devinrent assoiffés de vie ascétique et allèrent œuvrer sur la Sainte Montagne. Pour servir la jeune communauté, saint Jean bâtit une église en l'honneur de Saint Jean le Théologien et construisit des cellules à proximité. De cette manière, fut établie la première communauté géorgienne sur le Mont Athos.

A cette époque, Bardas Sclerus, commandant de l'armée d'Asie Mineure, mena une révolte contre Basile et Constantin, les jeunes empereurs byzantins. L'impératrice douairière Théophanie, dans l'espoir de recevoir une assistance de la Géorgie, demanda que Jean-Tornikele aille dans son pays natal, informer le roi de la situation difficile à Byzance, et rallier des troupes géorgiennes comme soutien. Dans un premier temps Jean-Tornike refusa, doutant de sa préparation pour revenir à la vie dans le monde. Mais après que les autres frères le lui demandèrent et qu'il reçut la bénédiction de saint Athanase, il retourné en Géorgie et donna la lettre de Théophanie au roi David Kouropalates. Le roi fut fou de joie à la vue de son chef militaire favori, et il consentit à la demande de l'impératrice, à condition que Jean-Tornike commande l'armée. Le roi était résolu et Jean-Tornike fut contraint d'honorer sa volonté. Avec l'aide de Dieu et sous la sage direction de Jean-Tornike, douze mille soldats géorgiens défirent l'armée de l'impie Sclerus Bardas, bannissant le conspirateur de Byzance (vers environ 979).

Après cette grande victoire, Jean-Tornike retourna immédiatement au Mont Athos. Les frères l'accueillirent avec grande joie et rendirent grâces à Dieu de l'avoir ramené sain et sauf au monastère.

Saint Jean-Tornike était un parfait exemple d'humilité. Il renonça complètement à sa propre volonté et ne faisait rien sans la bénédiction de son père spirituel. "Je me confie moi-même et ma volonté à toi . Sauve-moi selon ta volonté! "disait-il à saint Jean.

Les frères du monastère demandaient souvent à Jean-Tornike de raconter ses gloires militaires, et il fut obligé de rappeler son passé. Un jour sant Jean lui demanda de partager ses souvenirs avec un certain staretz Gabriel, homme qui ne disait pas une vaine parole. Jean-Tornike accepta, et après qu'il eut raconté son passé glorieux au staretz, il se tut tout à fait. Il passa le reste de sa vie en silence, espérant en Dieu, et il reposa paisiblement en Dieu.

Armé d'une âme pure, et brandissant la prière comme une épée, tu détruisit l'armée des démons, ô Père thaumaturge Jean-Tornike. Prie Dieu sans cesse pour nous tous!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006

[1] Eristavi: titre géorgien qui signifie littéralement "Tête de l'armée," un eristavi était le dirigeant ou le gouverneur de sa province et l'un des piliers de la monarchie géorgienne. Pendant certaines périodes de l'histoire géorgienne, le titre était héréditaire. Le titre est l'équivalent d'un duc européen.

mercredi 22 juin 2016

Vénérable Jean (Ioane) de Shavta (XIIème-XIIIème siècles)

Sts. Ioane of Shavta and Evlogi the Prophet and Fool-for-Christ.

Figure bien connue des XIIème-XIIIème siècles, le Vénérable Jean (Ioane) de Shavta, était considéré comme un des plus grands poètes, philosophes et théologiens de son temps. Il vécut jusques à un âge avancé et reposa paisiblement en Christ.
( La vie de saint Jean de Shavta est racontée avec plus de détails à la date du 1er/ 14 avril)

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006

mardi 21 juin 2016

Saint Hiéromartyr Théodore de Kvelta (Tevdore) († 1609)




Holy Hieromartyr Tevdore of Kvelta

Mémoire 8/21 juin


Saint Théodore (Tevdore) était un simple prêtre qui œuvrait au 16ème siècle dans le village de Kvelta. A cette époque, l'Empire ottoman et la Perse étaient engagés dans une querelle amère pour le contrôle du Proche-Orient. Au début de 1609, les Ottomans conquirent d'abord la ville de Baghdadi, qui faisait alors partie de Samtskhe dans le sud de la Géorgie. En juin de cette même année, ils lancèrent une attaque dans l'est de la Géorgie.

A cette époque, le dirigeant géorgien était le jeune roi Louarsab II. Lorsque les Ottomans pénétrèrent dans Kartli, le roi était absent, demeurant dans sa résidence d'été, le château de Tskhireti. Mais les Ottomans connaissait l'emplacement de son château, et ils savaient aussi que ses troupes étaient en petit nombre. Ils complotèrent pour assiéger le château, capturer du roi, et, finalement, annexer toute la Géorgie.

Les Ottomans traversèrent rapidement la chaîne de montagnes Trialeti et avancèrent dans Manglisi, pillant les terres et dévastant tout en s'en allant. Miraculeusement, l'Eglise de la Très Sainte Mère de Dieu de Manglisi resta indemne. Un chroniqueur écrivit: "Un brouillard dense entoura l'église et le village, les dissimulant à l'ennemi..."

Saint Louarsab n'avait reçu aucune mise en garde de l'attaque, et [il ignorait] que l'ennemi était à quelques minutes de son château.

Dans le village de Kvelta, non loin de Manglisi, les Turcs capturé le prêtre Théodore, homme sincère devant Dieu et dévoué à son roi et à la patrie. Père Théodore ne put pas échapper dans la forêt avec les autres villageois, donc il verrouilla les portes de l'église et il cacha ses trésors sacrés. Quand les Turcs ottomans trouvèrent Père Théodore, ils lui ordonnèrent de les conduire au château de Tskhireti et menacèrent de le tuer s'il refusait.

Dans l'espoir de les tromper, Théodore conduisit les Ottomans le long d'un étroit chemin de montagne rocailleux loin du château de Tskhireti. Beaucoup de chevaux et de soldats tombèrent du chemin vers la mort.

Mais après quelque temps, les Ottomans réalisèrent que le prêtre les avait conduits dans la mauvaise direction. Aigris et avides de vengeance, ils décapitèrent Père Théodore.

À la suite du grand sacrifice de saint Théodore, saint Louarsab eu le temps de renforcer ses fortifications, d'assembler ses armées, et finalement il anéantitl'ennemi.

Ô Saint-Père Théodore, étoile radieuse qui resplendit parmi les martyrs, nous te supplions de nous accorder ton intercession devant le Dieu Tout-Puissant!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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mardi 14 juin 2016

Saint moines-Martyrs Shio Le Nouveau, Davit ( David), Gabriel et Paul (Pavle) de Gareji († 1696 à 1700)

Holy Monk-martyrs Shio the New, Davit, Gabriel, and Pavle of Gareji.

Mémoire le  1/14 juin

Les saints moines martyrs Shio le Nouveau, David (Davit9, Gabriel, et Paul (Pavl de Gareji œuvrèrent  dans le désert Davit-Gareji à la fin du 17ème siècle.

Saint Shio était originaire du village de Vedzisi dans la région de Kartli.

Ses parents, Papouna et Tamara, étaient des gens riches et très influents. Ils eurent huit enfants: cinq garçons et trois filles. Après que leurs parents soient morts, les frères de Shio se disputèrent si intensément pour leur héritage que le frère aîné tua finalement le plus jeune.

Profondément troublé par cette tragédie, le bienheureux Shio chercha à se retirer de la vanité du monde - un monde dans lequel un frère peut tuer un frère et un fils peut tuer son père. Shio confessa son désir à son père spirituel, et il lui fut conseillé d'aller au monastère de Davit-Gareji et d'y être tonsuré moine. En fait, l'higoumène, le père Onuphre (Onopre Matchoutadzé), avait invité Shio au monastère plusieurs fois auparavant, en disant: "Viens, frère Shio, et achevons notre vie ici."

C'est avec une grande joie qu'Onuphre reçut Shio, qui était déjà vénéré par beaucoup pour sa foi et sa chasteté. Il le dirigea vers une cellule et le revêtit de l'habit de novice.

Les labeurs spirituels inlassables de Shio béni, l'humilité et l'amour manifeste pour ses frères inspiraient de nombreux moines à chercher son conseil. L'higoumène faisait lui-même souvent confiance à Shio pour administrer les affaires du monastère en son absence.

Un jour Père Onuphre s'en alla pour s'occuper de certaines questions en dehors du monastère, laissant Shio en charge. Après les vêpres et un repas, les frères épuisés s'installaient pour se reposer quand une bande de voleurs du Daguestan  prit soudainement d'assaut le territoire du monastère. Ils pillèrent le monastère et capturèrent le hiéromoine Shio et les moines David, Gabriel et Paul et les tuèrent. Quelques-uns des frères qui restaient tentèrent de s'enfuir, mais ils furent capturés et sauvagement tués.

Les cellules du monastère de Davit-Gareji étaient trempées de sang. Alors les Dagestanais, encore insatisfaits, saisirent et détruisirent presque toute la propriété du monastère. Ils volèrent quelques-uns des vêtements ecclésiastiques, et le reste ils le coupèrent en morceaux et le jetèrent dans un puits. Puis ils réduisireent les saintes icônes en morceaux avec leurs haches.

Avec la bénédiction du Catholicos et par ordre du roi, les reliques mutilées des saints martyrs furent enterrées dans la cour, au  sud de la tombe de saint David de Gareji.

Ô vénérable martyrs du Christ, Shio le Nouveau, David, Gabriel, et Paul, suppliez Jésus-Christ, l'illuminateur du monde, d'avoir pitié des enfants de Son Église!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
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Platina, California, USA/2006
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jeudi 9 juin 2016

Vénérable Michel de Parekhi (8e-9e siècles)



Mémoire le 27 mai/9 juin

Saint Michel (Mikael) de Parekhi était originaire du village de Norgiali dans la région de Chavcheti au sud de la Géorgie. Il fut tonsuré moine dans le désert de Midznadzori.

Père Michel se rendit au monastère de Khandzta, et avec la bénédiction de la fraternité, il construisit une petite chapelle et des logements pour les moines à l'entour. Construit dans une grotte sur le flanc d'une falaise, l'établissement de saint Mikael était difficile à atteindre (le nouveau monastère fut appelé "Parekhi" ou "Caverne"). Dieu était content de ses bonnes œuvres, et Il  accorda à saint Michel le don de faire des miracles. Dans une révélation divine, saint Michel fut chargé d'envoyer ses disciples, Sérapion et Jean (Ioane) dans la région de Samtskhe. Là, ils créèrent un beau monastère dans le village de Zarzma.

Après quelque temps, le père Mikael abandonna sa cellule et s'installa au sommet d'un gros rocher. Un jour le Diable le fit trébucher de la roche, mais le Seigneur le protégea et il s'en sortit indemne. Effrayé par l'incident, Michel envoya ses disciples chercher saint Grégoire (Grigol) de Khandzta, et il lui raconta tout ce qui s'était passé. Le bienheureux Grégoire apaisa les craintes de son frère, érigea une croix de chaque côté de la cellule de Michel, et lui dit: "Ces deux croix du Christ te protégeront, et la miséricorde de la Très Sainte Trinité et de la Croix Précieuse seront sur toi."

St. Michel vécut jusques à un âge avancé, et il fut enterré au monastère de Parekhi. Beaucoup de fidèles pèlerins qui rendaient visite à sa tombe furent guéris de leurs infirmités.

Selon Basile de Zarzma, les disciples de Saint Michel écrivirent des récits de ses œuvres, de sa sagesse, et des miracles après son repos en Christ, mais ces travaux n'ont malheureusement pas été conservés. Ce que nous savons de la vie de saint Michel de Parekhi a été préservé dans les écrits hagiographiques des 10e et 11e siècles.


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
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Vénérable Basile, fils du roi Bagrat (11ème siècle)



Mémoire le 27 mai /9 Juin

Saint Basile, fils du roi Bagrat III, vécut au 11ème siècle et œuvra au monastère de Khakhouli (dans le sud-ouest la Géorgie, dans l'actuelle Turquie). C'était une figure importante de la vie spirituelle et éducative du sud de la Géorgie. 
Le célèbre savant prince Jean (Ioane) Bagration du 19ème siècle décrit saint Basile dans son ouvrage Kalmasoba: "Basile Bagrationi fut très instruit en philosophie et théologie. Il parlait couramment plusieurs langues et traduisit de nombreux livres. Il fut l'auteur de nombreux ouvrages rhétoriques distingués. Perfectionné dans la vie monastique et la connaissance spirituelle de l'Église, notre Père saint Basile était connu parmi les gens comme le "joyau de l'Eglise géorgienne."

L'historien du 18ème siècle et géographe le Prince Vakhoushti Bagrationi étudia le développement culturel de la Géorgie pendant le règne du roi Bagrat IV dans son livre L'histoire ancienne de la Géorgie, et Basile est parmi les grandes figures de l'Église, il mentionne: "Les grands traducteurs de l'époque étaient Basile, fils de Bagrat... "

Dans son ouvrage La Vie de Saint Georges de la Sainte Montagne, Georges le Minime (Giorgi), se souvient du pieux ascète du monastère de Khakhouli: "Le grand Basile, fils du roi Bagrat III, pasteur et illuminateur de notre pays à cette époque."

Saint Basile est finalement parti de Géorgie au Mt. Athos et il y œuvra jusques à sa mort. C'est là qu'il composa ses "Louanges au saint Père Euthyme (Ekvtime)."

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
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dimanche 5 juin 2016

Vénérable Damien († 1157)


St. Damiane (before monasticism King Demetre I). The scroll in his hands reads: “Thou art the Vineyard.”

Saint Damien (avant le monachisme roi Démètre Ier). 
Le parchemin dans ses mains est ainsi libellé: "Tu es la Vigne."
Mémoire le 23 mai/5 juin


Saint Damien (dans le monde Roi Démètre Ier) était le fils du roi saint David (Davit) le restaurateur.

Le Roi David proclama son fils co-souverain de la Géorgie et le couronna de ses propres mains. Il déclara que son fils Démètre, grâce à sa sagesse, sa chasteté, sa bravoure et sa belle apparence, gouvernerait la Géorgie mieux que lui-même ne l'avait fait. Démètre acquit une grande gloire, tandis que son père était encore en vie. En 1117 David l'envoya à Chirvan pour se battre, et le jeune commandant étonna les gens par son habileté au combat. Démètre s'empara du Château de Kaladzori et retourna chez lui avec beaucoup de captifs et de richesses.

Le roi Démètre Ier lutta sans relâche pour protéger l'héritage qu'il avait reçu de son père: il gardait les frontières de la Géorgie et luttait pour agrandir ses frontières. De nombreuses régions, y compris Hereti, Somkhiti, Tashiri, Javakheti, Artaani et la frontière de Tao, furent repeuplées pendant le règne du roi Démètre. Ces régions avaient été en grande partie abandonnées après que le roi David rejoignit Tbilissi dans la région de Heret-Kakhétie.

Le roi Démètre ne fut jamais ébranlé par les intrigues diaboliques que l'on complotait contre lui. D'abord ses seigneurs se révoltèrent, exigeant que son demi-frère, Vakhtang (Tsuata), le remplace en tant que roi. (Ioane de Abuleti était le chef de cette conspiration.) Ensuite, le propre fils de David Démètre se révolta contre lui. Profondément troublé par le comportement de son fils premier-né, le pieux roi ne pouvait plus supporter la vanité du monde - il fut tonsuré moine dans le désert de Davit-Gareji et il lui fut donné le nouveau nom de Damien. Il abdiqué en faveur de son fils, mais David ne gouverna que six mois avant son décès.

Alors qu'il œuvrait au monastère de Davit-Gareji, Damien composa de nombreuses grandes hymnes de l'Eglise. Parmi ces œuvres, son hymne à la Mère de Dieu: "Tu es la vigne", est remarquable. Afin de protéger les intérêts du royaume géorgien après la mort de son fils, Damien fut obligé de quitter le monastère. Il revint sur le trône et il intervint dans les affaires du gouvernement. Dans le même temps il nomma un autre de ses fils, Georges (Giorgi), co-dirigeant.

Le roi Damien-Démètre termina la construction du monastère de Gélati, qui avait été commencée par son père, le saint roi David le Restaurateur. Saint Damien reposa en Christ en 1157, il fut enterré au monastère de Gélati.

Une image du 12ème siècle de saint Damien-Démètre était parmi les fresques au monastère de Davit-Gareji. Au 19e siècle, le voyageur russe André Mouraviev rapporta avoir vu la fresque intacte, mais aujourd'hui, seule reste une bande étroite supérieure de l'image. Une fresque du pieux roi et moine Démètre a été conservée dans l'église de Matskhvarishi (maintenant Latali) dans la région de Svanétie.

 Armé de sagesse divine, de pureté, de grâce et de courage, ô vénérable Damien, prie Dieu pour nous!



Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
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jeudi 2 juin 2016

Vénérable Zabulon et Susanne, parents de sainte Nina (Nino) Egale-aux-Apôtres (4e siècle)

Sts. Zabulon and Sosana with St. Nino.

Saints Zabulon et Susanne avec sainte Nina.

Mémoire le 20 mai/2 juin

Selon la sainte Tradition, sainte Nina (Nino) et le mégalomartyr Georges étaient parents de sang. En même temps qu'eut lieu le martyre de saint Georges, un homme de haute naissance, le serviteur de Dieu Zabulon, arriva à Rome depuis la Cappadoce. Zabulon commença à servir dans l'armée de l'empereur, et avant peu de temps, il fut largement reconnu comme un cavalier courageux et un bon soldat.

Au cours d'une bataille avec les Francs, le Seigneur accorda la victoire à Zabulon - il captura le roi des Francs et sa suite et les livra à l'empereur romain. L'empereur condamna les prisonniers à mort, mais avant qu'ils ne soient exécutés ils avouèrent leur désir d'être baptisé dans la foi chrétienne. Zabulon relaya cette demande à l'empereur, et Zabulon devint lui-même leur parrain. Puis il plaida avec l'empereur pour qu'il ait pitié de ses filleuls, et l'empereur les libéra.

Presque tous les Francs furent convertis au christianisme à la suite des luttes de Zabulon au nom de la foi. Un hymnographe géorgien 9ème siècle a écrit: "Son père Zabulon convertit la Gaule avec son épée, et la bienheureuse Nina convertit la Géorgie avec la Croix vivifiante."

Quelque temps plus tard, saint Zabulon se rendit à Jérusalem en pèlerinage. Pendant qu'il était là, il distribua tous ses biens aux pauvres et commença à servir le Patriarche Juvénal de Jérusalem. Il y rencontra Suzanne, sœur du patriarche. Peu après, ils furent unis par les liens du mariage par le Patriarche.

Le couple nouvellement marié déménagea en Cappadoce, où il eut une petite fille qu'il appela Nina. Tout en élevant Nina, saint Suzanne servit Dieu et les nécessiteux avec un grand dévouement.

Lorsque Nina atteignit l'âge de douze ans, ses parents vendirent tous leurs biens et retournèrent à Jérusalem. Avec la bénédiction du Patriarche Juvénal, Zabulon partit pour le désert pour commencer une vie d'ascèse. L'endroit où il œuvra n'est connu que de Dieu seul. Avec la bénédiction du Patriarche, Suzanne exerça un ministère auprès des pauvres et des infirmes. Le 10 décembre 1996, l'Eglise orthodoxe géorgienne déclara confesseurs de la foi chrétienne Zabulon et Suzanne, parents de sainte Nina. Vivant à une époque où les religions païennes étaient encore largement pratiquées et où les chrétiens étaient souvent persécutés, ils convertirent beaucoup de gens et puis abandonnèrent les choses du monde pour suivre Dieu seulement.

Par les prières et les intercessions des saints Zabulon et Suzanne, nouvelles lumières de l'Eglise géorgienne, que la Très Sainte Trinité bénisse tous ceux qui dans la foi et l'amour demandent leur intercession!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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