Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

dimanche 30 octobre 2016

Saint martyr Côme (Kozman)


Mémoire 17/30 octobre

La Vie de saint Côme n'a pas été conservée. Dans les commémorations de cette journée, il est mentionné seulement qu'il est mort en martyr dans la région de Kartli.

Ici, il convient de noter que, en raison de sa situation géopolitique, la Géorgie a été une victime constante de l'agression étrangère à travers l'histoire. Donner sa vie pour sa patrie et la foi est devenu si habituel pour le peuple géorgien que l'Eglise géorgienne est incapable de commémorer tous ses martyrs par leurs noms. Malheureusement, les erreurs de la foi et du temps ont effacé des pages de l'histoire de la vie et des vertus de beaucoup d'élus. Aujourd'hui, le calendrier liturgique et les prières avec lesquelles les fidèles honorent les martyrs restent le seul moyen pour l'Eglise de reconnaître la vie de ces saints hommes et de ces saintes femmes.

Ô divine fleur florissante rayonnante du rouge de ton sang, saint Côme, martyr pour le Christ, nous glorifions ta vertu et te prions d'intercéder pour nous!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006

SAINT CATHOLICOS-PATRIARCHE JOSEPH ( IOSEB) le Thaumaturge († 1770)



Mémoire le 17 /30 octobre

Saint Joseph (Ioseb) (Jandierichvili) reçut son éducation spirituelle au monastère de Davit-Gareji. Il futdoté par le Seigneur du don de thaumaturge. Ses prières guérissaient les malades en phase terminale et possédées par un démon. Pour sa sagesse et sa vertu, il fut consacré évêque de Rustavi, et en 1755 intronisé comme Catholicos-Patriarche. Saint Joseph est resté moine ascétique, en dépit de son rang hiérarchique.

En 1764 le saint Catholicos Joseph, comme saint Grégoire le Théologien, quitta humblement le trône de l'archipasteur et se retira à Akhmeta dans le nord de la Géorgie. De ses propres mains, il cultiva un vignoble et distribua sa récolte aux pauvres. Le climat dans cette région était capricieux- les sécheresses étaient fréquentes, et la grêle ravageait les cultures fragiles, dévastant les travaux des agriculteurs. Mais tandis que saint Joseph œuvrait là-bas, la région ne subit ni la sécheresse, ni la grêle.

Par les prières de saint Joseph, les malades étaient guéris, et les aveugles recouvraient la vue. Ceux qui demeuraient près de lui l'aimaient profondément et mettaient leur espoir en lui. Saint Gabriel le Minime remarquait avec joie dans un de ses écrits: "Une fois, je l'ai vu et j'ai embrassé deux fois  la main de ce saint homme."

Ayant vécu dans la piété à un âge avancé, le Catholicos Joseph reposa paisiblement en Christ dans l'année 1770.

Demeure de l'Esprit Saint, ô Saint hiérarque Catholicos Joseph, prie le Christ-Dieu d'avoir pitié de nos âmes!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze

in


mercredi 26 octobre 2016

Saint hiérarque Antoine (ANTON) DE TCHQONDIDI et son disciple le hiéromoine JACQUES (Iakob) L'ANCIEN (18e-19e siècles)



Mémoire le 13/26 octobre


Saint Antoine (Anton) de Tchqondidi est né de la famille d'Otia Dadiani, prince d'Egrisi (maintenant Samegrelo). La mère d'Anton, Goulkan, était la fille du prince Shoshita III de Racha. Il y eut six enfants dans la famille: cinq garçons et une fille. La sœur d'Antoine, Marie (Mariam) épousa le roi Salomon le Grand d'Imereti.



Les enfants reçurent leur enseignement primaire de leur mère, qui avait été élevée dans la foi chrétienne et elle transmit la foi à ses enfants. Sa foi vivante et ses valeureux travaux furent un exemple pour tous ceux qui l'entouraient. Après la mort de son père, le jeune Antoine fut élevé par son frère aîné Katsia. Sa famille préparait Antoine à une carrière diplomatique, et donc ils consacrèrent une attention particulière à son étude de la philosophie, de la littérature, des principes fondamentaux de la poésie et de l'art, et des langues étrangères (en particulier turque et persane).



Dès le début du 17e siècle, les dirigeants d'Egrisi ne désignaient que leurs propres parents au diocèse de Tchqondidi. Nicolas (Nikoloz), l'un des frères aînés d'Antoine, fut préparé pour l'évêché, mais il était trop attaché au monde pour s'engager sous le joug de l'ascétisme. Le jeune Antoine, cependant, était zélé pour la vie monastique, et bientôt il fut tonsuré.


Le nouveau moine Antoine senti l'imperfection de son éducation spirituelle et demanda aux moines du monastère de Martvili à Egrisi de l'aider à rattraper son manque de connaissances. Un groupe de missionnaires français arrivèrent pour lui enseigner les bases de la philosophie scolastique, qui était très en vogue en Europe à cette époque. Antoine reconnut toutefois que ses précepteurs étrangers avaient entaché la doctrine orthodoxe avec le poison de l'hérésie. Un jour, lors d'un repas, Antoine se tourna vers un Français et lui demanda: "Pouvez-vous verser le vin dans cette coupe remplie d'eau et l'empêcher de se mélanger avec l'eau?"

Le prêtre catholique répondit que c'était impossible, et Antoine répondit: "DE même qu'il est impossible de verser de l'eau et du vin en un seul récipient et de les empêcher de se mélanger, ainsi, il est impossible de mêler la doctrine orthodoxe et l'hérésie!" A partir de ce jour Antoine se sépara des missionnaires français.

La soif d'apprendre ne laissait pas le jeune moine en repos.

Pour approfondir ses connaissances, saint Antoine se rendit à Tbilissi, à la cour du roi Erekle II. La femme du roi, la reine Daredjan, était la cousine d'Antoine-enfant de son oncle, Katsia Dadiani.

En 1761, saint Antoine fut consacré évêque de Tsageri (en Svaneti inférieure). Il devint rapidement célèbre pour ses sermons éloquents, qui inspirèrent le Catholicos de Géorgie lui-même.

Epuisé par le jeûne, le visage de saint Antoine commença à ressembler à celui d'un ange. Conformément à ses ordres, un repas quotidien était préparé pour les pauvres à la résidence de Tchqondidi. Tous les évêques ultérieurs de Tchqondidi ont continué cette pratique.

Au 18ème siècle, de nombreux seigneurs féodaux de Géorgie occidentale (en particulier Egrisi) commencèrent à négocier des esclaves pour le profit. Vladika Antoine s'opposa audacieusement à cette activité immorale, et dans les années 1792 à 1794, il organisa une série de conciles de l'Église pour condamner publiquement les marchands d'esclaves.

En 1788, Antoine approuva les concessions de vastes terres aux monastères de Martvili, Nakharebou et Sairme. Il convainquit les Dadianis d'exempter ces terres de l'impôt.

En 1789, Antoine, à présent métropolite, quitta Tchqondidi pour le monastère de Nakharebou, qu'il avait bâti. Il enrichit le monastère avec des objets sacrés, des icônes anciennes et des terres. Il y passa le reste de ses jours.

Saint Antoine de Tchqondidi reposa en Christ en 1815 à un âge très avancé et il fut enterré au monastère de Nakharebou.

Fils spirituel de saint Antoine, ami dévoué, et son assistant, le hiéromoine Jacques (Iakob), habita aussi comme un saint dans ce monde et il fut reçu dans le Royaume des Cieux.

Brillant comme le soleil de ta sainteté, ô saint hiérarque Antoine et toi Jacques l'Ancien, priez le Soleil de Justice d'éclairer nos âmes!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze

in

jeudi 20 octobre 2016

VÉNÉRABLE JOSEPH ( IOSEB) De Khevi, Staretz et Thaumaturge († 1763)



Mémoire 7/20 octobre

On sait peu de choses sur la vie de saint Joseph (Ioseb) de Khevi. L'Eglise est certaine seulement qu'il était originaire de Khevi (dans le nord de la Géorgie) et qu'il servit comme prêtre dans ce village.

En plus d'être de grands guerriers, les gens de Khevi à travers l'histoire furent remarquablement constants dans la foi chrétienne. Les églises et les monastères de Khevi sont extraordinaires à la fois par la beauté et l'inaccessibilité. Ils ont été délibérément construits dans les endroits montagneux, comme si les atteindre devait exiger le plus grand zèle.

L'ornement le plus important et le symbole de Khevi, c'est la glace qui perpétuellement coiffe le sommet du mont Mqinvari (Kazbegi). Sur le versant de cette montagne se dresse le monastère de la Trinité, où un temps, fut préservée la croix de sainte Nina (Elle est actuellement gardée à Tbilissi, dans la partie nord de l'iconostase de la cathédrale de Sioni).

Situé au-dessus du monastère de la Trinité, sur le couvert de glace de la falaise verticale du mont Mqinvari, il y a un ermitage dans une grotte à 13.450 pieds, connue sous le nom de grotte de Bethléem. Il n'est possible d'atteindre cet ermitage que par l'escalade des chaînes qui pendent de ses hauteurs. Selon la chronique de la vie de Kartli, cette grotte a été, à travers l'histoire, utilisée pour y conserver des objets sacrés et les trésors de l'Église.

L'historien Davit Batonichvili rapporte  que saint Joseph était surtout connu pour son amour des objets sacrés, pour garder le plus strict du jeûne, et pour ses vertus exceptionnelles. Il monta à l'ermitage de Bethléem et il en revint avec un morceau de la tente du patriarche Abraham, [1] qu'il présenta au roi Erekle. Ayant atteint les sommets de clairvoyance et de thaumaturgie, saint Joseph reposa paisiblement en Christ en l'an 1763.

Tu es illuminé par la grâce divine, ô saint Père Joseph l'Ancien. Prie le Christ-Dieu en faveur de ceux qui vénèrent ton saint nom!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze


in

mardi 18 octobre 2016

VÉNÉRABLE GREGOIRE DE KHANDZTA († 861)

Mémoire  le 5 /18 octobre


Notre Père saint Grégoire (Grigol) de Khandzta fut élevé à la cour du souverain Nerse de Kartli. Sa famille faisait partie de l'aristocratie de Mskheta. Il reçut une éducation digne du noble rang de sa famille et fit preuve d'une aptitude spéciale pour les sciences et la théologie.

Le jeune homme choisi par Dieu était extraordinairement dévoué à ses études. En peu de temps il mémorisa les Psaumes et se familiarisa avec les doctrines de l'Eglise. Il apprit aussi plusieurs langues et connaissait de nombreuses œuvres théologiques par cœur.

Alors que Grégoire était encore jeune, ses proches exprimèrent le souhait de le voir entrer dans le sacerdoce. Le jeune sage avait aspiré à la vie spirituelle dès le début, mais il ne s'estimait pas prêt à assumer une telle énorme responsabilité. "Mon orgueil m'empêche d'accomplir votre désir," leur dit-il.

Enfin, il accepta d'être ordonné prêtre, mais les princes locaux cherchèrent à le consacrer évêque. Effrayé à l'idée, Grégoire s'enfuit secrètement au sud-ouest la Géorgie avec trois compagnons aux vues similaires: son cousin Sabbas [Saba] (futur évêque et rénovateur du monastère d'Ishkhani,Théodore [Tevdore[ (constructeur du monastère de Nedzvi [Akhaldaba]), et Christophe [Kristepore] (constructeur du monastère de saint Cyrique Dviri). Les quatre frères étaient unis par la foi et l'amour de Dieu et liés par un seul désir, comme s'ils étaient une seule âme existant dans quatre corps. Les frères arrivèrent au monastère de Saint-Jean-Baptiste d'Opiza et se présentèrent devant l'higoumène Georges (Giorgi). Avec sa bénédiction, ils œuvrèrent là pendant deux ans.

Alors saint Grégoire rendit visite au moine Khvedios, l'ermite juste de Khandzta. Avant l'arrivée de Grégoire, Khvedios avait reçu un signe de Dieu qui indiquait que le monastère serait construit à Khandzta par les mains du prêtre Grégoirel. Il lui fut révélé que les prières de Père Grégoire étaient si saintes que leur parfum d'agréable odeur s'élevait devant Dieu comme un encens. Le moine  montra les environs à saint Grégoire, et ce dernier futt tellement attiré par cet endroit qu'il revint bientôt là-bas avec les autres frères et commença à construire un monastère.

Les moines furent forcés de construire le monastère dans des conditions difficiles, car la terre était rocheuse et montagneuse, et ils n'étaient pas équipés avec les outils appropriés. Ils construisirent d'abord, une église en bois, puis quatre cellules et une salle à manger.

Un certain aristocrate du nom de Gabriel Dapantchouli vivait à proximité, et Grégoire se tourna vers lui pour demander de l'aide pour la construction du monastère. Avec grande joie, il fit don de la pierre, du travail et de la nourriture nécessaire pour que ce digne projet soit réalisé. De cette manière, fut créée la première église du monastère de Khandzta.

Gabriel informa le saint  Ashot Kouropalates au sujet de l'activité des frères, et le roi invita leur chef, saint Grégoire, au palais. Il le reçut avec de grands honneurs, lui demanda de bénir la famille royale, et s'enquit en détail de la vie et des labeurs des saints moines. Puis il fit à Grégoire un généreux don pour le monastère et, ayant appris que le terrain de Khandzta ne pouvait être cultivé, il dota le monastère d'une grande parcelle de terre fertile à Shatberdi. Les fils du roi Ashot, les princes Adarnerse, Bagrat et Guaram, firent également de généreux dons au monastère.


L'église du monastère de Khandzta, dans l'actuelle Turquie

Et ainsi, pendant la sanglante période de domination arabo-musulmane, lorsque le peuple géorgien avait sombré dans un profond désespoir, le désert se Klarjeti fut transformé en une oasis vivifiante vers laquelle les plus grands fils de la nation affluèrent.

Les règles du monastère étaient strictes. Dans chaque cellule de moine, il n'y  avait rien, si ce n'est un petit lit rigide et une petite cruche d'eau. Ni feux, ni bougies n'étaient allumés à l'intérieur.

Saint Grégoire fut connu dans toute la Géorgie. À la demande du roi Demetre II d'Abkhazeti (837-872), le Père Grégoire construisitt un monastère dans le village d'Ubisi dans l'Imereti et il nommé son disciple Hilarion de Jérusalem comme higoumène. Il construisit ce monastère, à la frontière de l'ouest et de l'est de la Géorgie et, ce faisant, il prévoyait l'unification des deux royaumes.

Le Seigneur accomplit de nombreux miracles par saint Grégoire. Un jour, le sonneur de cloches de l'église approchait de la cellule de l'higoumène et il vit une lumière venant de l'intérieur. Il savait que saint Grégoire n'avait allumé ni un feu, ni sa lampe à huile, et il eut peur, croyant qu'un incendie pourrait avoir démarré dans la cellule de l'higoumène. Comme cela fut avéré, d'autres avaient été témoins des semblables miracles: quand le saint était en prière, il brillait comme le soleil, et des faisceaux de lumière émanaient de son corps sous la forme d'une croix.

Le vénérable Grégoire tenait fermement à la défense de la morale, et il accusa même le roi Ashot Kouropalates lorsque son comportement fut en contradiction avec les valeurs du peuple géorgien.

Grégoire avait uni ses compagnons dans leur amour de Dieu, mais parmi les roses apparut une épine. Un certain Tskir, protégé de l'émir Sahak de Tbilissi, complota pour obtenir le siège épiscopal d'Anchi. Il prit de force le contrôle de la cathédrale d'Anchi et y commit de nombreux blasphèmes. Le clergé, et en particulier le vénérable Grégoire, condamnèrent son comportement, mais Tskir consumé par l'orgueil, engagea un tueur pour éliminer saint Grégoire. Tel un prophète, saint Grégoire prévoyait le danger imminent, mais il alla quand même à sa rencontre. En approchant de sa victime, tandis qu'il était encore à une certaine distance de lui, le meurtrier vit une lumière brillante qui enveloppait le père saint. Il se figea de peur, et sa main se déssécha immédiatement. Seules les prières de saint Grégoire purent le guérir et lui permettre de rentrer chez lui.

L'Eglise excommunia Tskir, et il s'enfuit se réfugier auprès de l'émir. Avec l'aide de Sahak, il revint sur le trône d'Anchi et envoya un détachement militaire pour détruire le monastère de Khandzta.

Les moines de Khandzta et leur higoumène rencontrèrent les assaillants avec humilité et demandèrent du temps pour célébrer la Liturgie dominicale. La fraternité entière pria en pleurant vers le Seigneur pour sauver le monastère. La Liturgie n'est pas encore terminée quand un messager arriva d'Anchi pour annoncer que Tskir était mort subitement.

Vers la fin de sa vie saint Grégoire passa la plupart de son temps au monastère de Shatberdi, qu'il avait lui-même construit. Quand il reçut le signe que sa mort approchait, il distribua des cierges dans tous les monastères du désert de Klarjeti et demandé qu'ils soient allumés le jour de sa mort. Il demandé à tous de se souvenir de lui et dit adieu à Khandzta.

Le jour de son repos en Christ, les saints pères de tous les coins de Klarjeti se réunirent pour recevoir la bénédiction finale de leur maître. Grégoire les bénit, les exhorta pour la dernière fois, et rendit son âme à Dieu.

Quand il rendit son dernier soupir, une voix se fit entendre du Ciel, lui disant: «N'aie pas peur de venir, ô vénérable serviteur de Jésus-Christ, car le Christ, le Roi des cieux, t'a Lui-même oint, ô ange terrestre et homme céleste. Maintenant, viens et approche de ton Seigneur avec grande joie et prépare-toi à l'exaltation, car tu es béni entre les saints et ta gloire éternelle a été préparée! "

Riche en bénédictions et parfait en sagesse, paissant justement les habitants du désert, saint Grégoire de Khandzta reposa en Christ le 5 octobre 861, à l'âge de 102 ans. Conformément à sa volonté, il fut enterré parmi ses frères dans le monastère de Khandzta.

Tu as reçu le joug du Christ, tu portas sa Croix sur tes épaules, et tu souffris dans ta chair Sa souffrance divine. Par tes labeurs sacrés,  tu eux part à Sa gloire divine et tu acquis la récompense de Sa grâce, ô Père saint Grégoire!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in

Vénérables Pères et les Mères du désert de Klarjeti (du 8è au 10e siècle)


Mémoire 5/18 octobre

Pendant des siècles, la région de Tao-Klarjeti dans le sud-ouest de la Géorgie était connue pour sa sainteté, son unité et sa force spirituelle. La vie culturelle et la foi de Kartli furent presque éteintes par la domination arabo-musulmane du 8e au 10e siècle. La région de Tao-Klarjeti, cependant, qui avait été vidée par une épidémie de choléra et à la suite des invasions islamiques, s'emplit de nouvelles églises et monastères, devenant une destination pour de nombreux ascètes chrétiens. Saint Euthyme (Ekvtime) Taqaishvili écrit que "Chaque monastère comprenait une école et un séminaire où la foi chrétienne, la philosophie, le grec et d'autres langues étrangères, le chant, la calligraphie, les arts plastiques, la fabrication de bijoux, et d'autres disciplines étaient enseignées. D'innombrables prêtres, traducteurs, miniaturistes, et des orfèvres ont développé leur métier dans ces écoles."

Les prières des moines de Tao-Klarjeti se multiplièrent et s'élevèrent vers le ciel comme un encens sacré. Des ouvrages hagiographiques furent écrits, des hymnes originaux furent composées, et des textes théologiques traduits. La littérature de cette période était complètement imprégnée de l'esprit du peuple géorgien. Tao-Klarjeti revigora l'âme du peuple géorgien et dirigea à nouveau les égarés vers le chemin de la vérité.

Saint Grégoire (Grigol) de Khandzta, prêtre de grande vertu et sagesse, fut le fer de lance de ce renouveau spirituel. C'était un bon berger pour son troupeau, et le constructeur de nombreuses églises. Les Vies de saint Grégoire de Khandzta et des autres saints pères et mères de Tao-Klarjeti sont racontées dans l'œuvre de saint Georges (Georgi) de Merchule intitulée La Vie de saint Grégoire de Khandzta. Georges Merchule œuvra dans le désert de Khandzta au 10ème siècle. Son surnom, "Merchule", signifie "le Théologien", ou littéralement, "celui qui connaît la loi."

Georges Merchule a également donné à l'Eglise la Vie du Saint Catholicos  Nerse III, Arménien par filiation. Nerse confessa la foi orthodoxe et œuvra dans le Tao-Klarjeti avec les pères géorgiens. (A cette époque, de nombreux Arméniens orthodoxes avaient fui vers Tao-Klarjeti après avoir été exilés de leur patrie.) Dans la première moitié du 7e siècle saint Nerse établit les fondations de l'église d'Ishkhani et y œuvra dans la sainteté.

Le saint Catholicos Hilarion  fut le fondateur et higoumène de l'église de Tsqarostavi et disciple de Grégoire de Khandzta. Il arriva au monastère de Khandzta avec son père spirituel, saint David (Davit), higoumène du monastère de Midznadzori, et saint Zacharie, constructeur de l'église de Beretelta. Ceux qui furent témoins de l'unité des pères et de leur piété, abandonnèrent le monde pour se joindre à eux pour offrir leur vie à Dieu. Au milieu du 9e siècle Hilarion fut intronisé en tant que Catholicos de Kartli en reconnaissance de sa sagesse et de sa sainteté. Il suivit Gabriel II (vers 830-850) et fut remplacé par Arsène I "le Grand" (vers 860-887) dans ce rôle très honorable.

Saint Stéphane (Stépane) de Tbeti, fut le premier évêque de Tbeti. C'était un grand écrivain et hagiographe de l'Eglise de son temps et une figure brillante de l'école littéraire de Tao-Klarjeti. Saint Stéphane est crédité de création du récit Le Martyre de Saint Gobron.

Dès son enfance, saint Zacharie (Zakaria) d'Anchi était rempli d'amour et de crainte de Dieu. Strict dans sa discipline, mais libre de toute contrainte de ce monde, il mena la vie d'un berger comme saint David le Psalmiste. Quand il était enfant, saint Zacharie rassemblait ses amis et leur rapportait avec précision les mots et les scènes dont il avait été témoin dans les églises et les monastères. Un jour, l'évêque d'Anchi observait ce passe-temps inhabituel et il rapporta avoir vu une colonne de lumière descendre des cieux et illuminer le sommet de la tête de saint Zacharie.

Quand il atteignit l'âge mûr, saint Zacharie devint le chef spirituel de ses frères. Grâce à ses prières de nombreux miracles furent accomplis: il empêcha le mur de pierre d'un bâtiment qui s'effondrait de s'écraser au sol, élimina les oiseaux gênants et les sauterelles du vignoble du monastère, et tua deux serpents venimeux qui maintenaient ses frères effrayés loin de la vigne. Empli de bonne foi et de vertu, saint Zacharie fut ensuite consacré évêque d'Anchi.

Saint Macaire (Makar) d'Anchi servit comme évêque d'Anchi après le repos en Christ de saint Grégoire de Khandzta en 861.

Saint Ezra d'Anchi, de la noble famille Dapantchouli, œuvra en sainteté au 10ème siècle.

Saint Sabbas (Saba) d'Ishkhani était un cousin et un des plus proches compagnons de saint Grégoire de Khandzta. Avec deux autres amis, Christophe (Kristepore) et Théodore (Tevdore), le jeune Sabbas accompagna Grégoire de Khandzta à Klarjeti en quête de vie ascétique. Au début, les jeunes moines s'installèrent au Monastère d'Opiza et y œuvrèrent avec beaucoup de zèle, et ensuite ils déménagèrent à Khandzta.

Un jour, saint Sabbas faisait, avec saint Grégoire, un pèlerinage à Byzance, et c'est là qu'il apprit les typica des monastères locaux. Sur le chemin du retour à Tao-Klarjeti, Dieu révéla Sa volonté à Sabbas pour restaurer l'église d'Ishkhani, qui avait été détruite par les envahisseurs arabo-musulmans. Saint Sabbas souhaita commencer immédiatement cette tâche sacrée, mais il poursuivit son chemin avec saint Grégoire, à l'insistance de ce dernier.

Plus tard, Grégoire lui attribua deux moines pour aider Sabbas à restaurer l'église et les envoya tous les trois à Ishkhani. Par la grâce de Dieu, les frères restaurèrent l'église et le monastère, et le nombre de moines qui y œuvraient se multiplia. Peu de temps après leur higoumène, saint Sabbas, fut consacré évêque d'Ishkhani.

Saint Jean (Ioane) le nouveau martyr œuvra pour le Christ au monastère de Khandzta.

Alors qu'il se rendait à Jérusalem en pèlerinage, les Sarrasins le capturèrent à Bagdad et tentèrent en le torturant de lui faire renier la foi chrétienne. Mais en versant son sang, saint Jean montra son immuable fidélité à la foi de notre Sauveur.

Saint Théodore (Tevdore), fondateur du monastère de Nedzvi, et saint Christophe (Kristepore), fondateur du monastère de Saint-Cyrique à Dvéri, étaient les fils spirituels de saint Grégoire de Khandzta et les premiers hommes à se joindre à lui dans ses travaux sacrés. Avec saint Grégoire, ils œuvrèrent d'abord au monastère d'Opiza et plus tard à celui de Khandzta.

Ces saints pères se rendirent à Abkhazeti pour augmenter la plénitude de la foi dans cette région, et sur leur chemin, dans le Samtskhe, un aristocrate nommé Mirian les chargea du soin et de l'éducation de son fils de six ans Arsène (plus tard devenu le saint Catholicos Arsène le Grand).

Finalement, saint Grégoire de Khandzta souhaita le retour de Théodore et Christophe, et il se rendit à Abkhazeti pour les trouver. Saint Grégoire prit avec lui son jeune disciple Ephrem (Eprem) (plus tard l'évêque et thaumaturge d'Atsquri). Quand il rencontra les frères dans Abkhazeti, saint Grégoire leur  confia l'éducation d'Ephrem et leur fit jurer de ne pas quitter le monastère de Khandzta jusqu'à ce qu'Ephrem et Arsène aient atteint leur maturité.

Lorsque Ephrem et Arsène atteignirent l'âge d'homme, ils étaient "parfaits en sagesse", et Théodore et Christophe quittèrent Khandzta pour établir les monastère de Nedzvi et de Dviri. Là, chaque père œuvra jusques au jour de son repos en Christ.

Les saint Pères Georges (Giorgi), Amon (Amona), Pierre (Petre) et Macaire (Makar) œuvrèrent dans le désert d'Opiza. Père Georges était higoumène du monastère Saint Jean-Baptiste d'Opiza, au cours des deux années où saint Grégoire de Khandzta et ses compagnons y œuvraient. Père Georges fut le troisième higoumène du monastère (il fut remplacé par saint André (Andria) et saint Samuel (Saint Samoel). Par la grâce de Dieu,  l'higoumène Georges reconnut la foi des pèlerins et les reçut, et non pas comme des élèves, mais comme des startsy honorables et sages. Témoin des exploits ascétiques des vénérables pères d'Opiza, saint Grégoire grandit en vertu et humilité, et acquit la paix intérieure. (L'histoire a conservé un saint Evangile du désert d'Opiza qui est daté de l'an 913, à l'époque où l'higoumène Georges y œuvrait.)

Dans la deuxième partie du 9e siècle saint Sérapion de Zarzma fonda le monastère de Zarzma dans le Samtskhe. Neveu de saint Sérapion, saint Basile, réalisa plus tard de grands exploits ascétiques et fit des miracles dans ce monastère. Saint Basile fut l'auteur de La Vie de Sérapion de Zarzma et raconta également la vie des autres vénérables pères vénérables de Zarzma.

Saint Georges (Giorgi), "homme brillant, au bon cœur et d'une grande vertu", succéda à saint Sérapion comme higoumène du monastère de Zarzma. Après saint Geoges, le vénérable higoumène Michel (Mikael) commença la construction d'une deuxième église à Zarzma, dans l'accomplissement de la prophétie de saint Sérapion. Saint Paul (Pavle), qui succéda à Michel comme higoumène du monastère, acheva la construction de cette deuxième église.

Le saint et juste saint Khvedios œuvra en ermite dans les grottes du désert de Khandzta. Dieu lui révéla la nouvelle de l'arrivée de saint Grégoire, et il reçut Grégoire et ses frères avec une grande joie.

Il les bénit, tout en recevant une bénédiction lui-même de saint Grégoire de Khandzta. Alors, plutôt que de continuer le chemin avec saint Grégoire et les autres frères, saint Khvedios se retira dans sa grotte isolée, car il avait fait le vœu devant Dieu de vivre toute sa vie dans la solitude. Après la dormition du père saint, sa demeure s'emplit d'une douce fragrance.

Saint Epiphane (Epipane) était thaumaturge et fils spirituel de saint Grégoire de Khandzta. Ce vénérable père était vraiment revêtu de l'armure de la justice, et il fut une source d'inspiration pour beaucoup. Selon les instructions de saint Grégoire, il devint un exemple d'obéissance pour les autres frères du monastère. Les prières de saint Epiphane guérirent beaucoup de gens qui étaient atteints par une maladie terminale.

Saint Mato œuvra dans le désert de Khandzta. Après la naissance au ciel de  l'higoumène du couvent de Mere, il prit sur lui la direction du monastère de femmes et pendant quarante ans donna l'exemple d'une vie vécue dans la plénitude de la foi. Il était si strict dans son ascèse que, pendant ces quarante ans, il ne partagea jamais un repas avec les moniales, et il ne reçut pas un seul objet de leurs mains. Quand saint Mato atteignit un âge avancé, il devint malade dans la chair, mais il refusa les offres des moniales de s'occuper de lui. Au lieu de cela il demanda à son parent, qui était également moine, de s'occuper de lui lorsqu'il en aurait besoin.

Saint Zénon naquit à Samtskhe dans une famille d'aristocrates. Il fut élevé dans la crainte de Dieu, et il désirait depuis sa jeunesse entrer dans la vie monastique. Avant que cette volonté ne soit accomplie, cependant, sa soeur fut enlevée par un homme impie. Zenon partit pour poursuivre le ravisseur à cheval, mais alors qu'il chevauchait, le Diable l'assaillit d'angoisses. "Je suis un homme respectable", pensait-il, "mais celui que je poursuis n'est pas shonorable. Si je le prends et que je le tue, je vais détruire mon âme, mais si je retourne, la honte viendra sur moi. "

Et donc, à ce moment-là, saint Zénon rebroussa chemin pour accomplir son désir perpétuel. Il fut tonsuré moine et devint plus tard disciple de saint Grégoire de Khandzta.

Saint Zénon, le "Trésor de la Vertu, saint Modèle de l'ascétisme et Porte du désert de Klarjeti», reposa en Christ à un âge avancé.

Saint Jean (Ioane), higoumène de Khandzta, est célèbre pour avoir achevé la construction de la nouvelle église de Khandzta, construction qui avait été entamée par son prédécesseur, saint Arsène. Les deux pères saints  reposèrent en Christ dans le désert de Khandzta. Saint Théodore (Tevdore) l'higoumène et son frère saint Jean (Ioane) œuvrèrent tous deux au monastère de Khandzta. Saint Georges Merchule reconnaît les frères comme les historiens, cependant il croit qu'ils ont contribué, plutôt qu'ils ont été co-auteurs, de ce travail.

Le moine saint Gabriel fut au service des moines infirmes et des personnes âgées du monastère de Khandzta. Saint Gabriel a raconté verbalement les Vies des Pères de l'Église et a exhorté ses frères à suivre les mêmes disciplines strictes que les Pères qui les avaient précédés.

Saint Démètre fut élevé par la bienheureuse sainte Phébronie (Pebronia) et devint plus tard l'un des premiers disciples de saint Grégoire de Khandzta. Il est commémoré parmi les saints Pères pour avoir atteint les cimes de la lutte monastique, et pour ses miracles, à la fois dans cette vie et après avoir été reçu dans le sein d'Abraham.

Les saints Arsène (Arsen) et Macaire (Makar), "bons moines pleins de sagesse et ayant le don de faire des miracles", étaient des proches de saint Ephrem d'Atsquri. Ils œuvraient ensemble au monastère de saint-Sabbas à Jérusalem, et correspondaient régulièrement avec les moines de Khandzta. Saint Arsène et saint et Macaire possédaient un amour profond pour le Christ et le désir de servir leur patrie et leur Église mère.

Saint Shio le Thaumaturge "brilla sur la terre de Kartli comme l'étoile polaire dans le ciel du matin." Selon Basile de Zarzma, saint Shio était le père spirituel de saint Michel de Parekhi.

Les saints Basile et Marcelin (Markelaos), "abondants et brillants en vertu," étaient des disciples de saint Michel de Parekhi. Saint Basile fut enterré à Parekhi à côté de son père spirituel. Les deux pères firent des miracles sur leurs tombes, et ils guérirent les infirmités des fidèles qui venaient chercher leurs bénédictions.

Le vénérable Père David (Davit), "image des anges" et constructeur de nombreux monastères, œuvra comme higoumène du monastère de Midznadzori. Il était le père spirituel du saint Catholicos Ilarion.

Doté de nombreux dons de la Grâce, saint Jacques (Iakob) fut une figure éminente de l'Eglise du Xe siècle géorgien. Il œuvra d'abord à Shatberdi, et plus tard près de le Gorge de Midznadzori, où il brilla comme les plus brillantes des étoiles.

Le vénérable Sophrone (Soprone) le Grand,  fut le restaurateur de l'Eglise de Shatberdi et un célèbre écrivain, mais ses œuvres littéraires n'ont pas été conservées. Saint Georges Merchule le compte parmi les pères sages et saints dont les histoires sont dignes d'être narrées. Saint Grégoire (Grigol) de Shatberdi œuvra dans le même monastère. Plusieurs des manuscrits du Xe siècle copiés par lui au monastère de Shatberdi ont été conservés, y compris les Cahiers du désert de Shatberdi et les Évangiles d'Hadishi, de Jruchi et de Parekhi.

Saint Zacharie (Zakaria) construisit le célèbre monastère de Beretelta et donna l'exemple de la sagesse et de la sainteté pour les pères qui y œuvrèrent après lui.

Saint Georges Merchule rend hommage au vénérable saint Hilarion de Parekhi  craignant Dieu, comme l'un des plus grands écrivains et des plus grandes personnalités de l'Eglise de son temps.

Saint Hilarion, abbé d'Ubisi, œuvra pendant de nombreuses années à la Laure de Saint-Sabbas à Jérusalem, où les Géorgiens eurent leur propre chapelle pendant de nombreux siècles [1]. Après avoir atteint un âge avancé, le vénérable père partit en Géorgie et s'installa au monastère de Khandzta. Plus tard, ce père intelligent et savant commença la construction de l'église d'Ubisi à Imereti, où il œuvra jusques à sa mort.

Sainte Phébronie (Pebronia) œuvra au monastère de Samtskhe à Mere. C'était une amie proche de saint Grégoire de Khandzta. Il lui envoya, pour l'instruire dans la foi chrétienne, une femme qu'un certain Roi Ashot Kuropalates (plus tard, un saint martyr) avait prise pour maîtresse. Sainte Phébronie refusa les demandes instantes du roi de faire revenir cette femme au palais royal.

Les anges rendaient souvent visite à sainte Phébronie pour l'informer de la sainte volonté de Dieu. Sainte Temestia œuvra avec sainte Phébronie au monastère de Mere. Pendant quarante ans, elle s'occupa de saint Mato, le père spirituel du monastère.

Sainte Temestia elle-même fit remarquer que sa relation avec le Père Mato était si chaste et innocente que le saint père ne voulait même pas se permettre de recevoir l'encens sacré directement de ses mains.

Sainte Anatolie (également appelé Antoine [Antonios]) œuvra dans la solitude au monastère de Mere. Les anges apparaissent souvent à la sainte mère, qui elle-même menait une vie égale à celle des puissances incorporelles. Les deux vénérables Temestia et Anatolie furent informées par les anges du repos en Christ de leur higoumène, saint Mato.

Sainte Anastasie (Anastasia) œuvra parmi les saintes moniales dans une remarquable sainteté et humilité. Elle descendait d'une famille d'Abkhazie et était connue sous le nom de Bevreli dans le monde. Comme reine (épouse du roi Adarnerse), elle fut souvent appelée à protéger les intérêts du monastère de Mere. Le roi Adarnerse plus tard devint froid envers Bevreli, elle quitta donc le monde, et fut tonsurée moniale sous le nom d'Anastasie.

Saint Anastasie avait la tâche la plus difficile au monastère: elle ramassait le bois de chauffage et le rapportait de la forêt. Elle ne portait que des haillons et priait sans cesse.

Un jour, le roi Adarnerse tomba soudainement malade, et il envoya des messagers au monastère de Persati, où Anastasie œuvrait, demandant pardon en son nom. Saint Anastasie pria pour le roi malade: "Que le Christ pardonne tous ses péchés et lui guérisse l'âme et le corps." Le roi Adarnerse fut bientôt guéri  de son infirmité.

Riche en sainteté et l'humilité, sainte Anastasie œuvra au monastère de Persati jusques à la fin de ses jours sur terre. Dieu lui accorda le don de thaumaturge à la fois durant sa vie sur terre, et après son repos en Christ. Les propres fils d'Anastasie, Gourgen et Soumbat, furent guéris de leurs maladies à sa tombe, et après cela beaucoup d'autres gens qui y vinrent avec foi, reçurent la guérison de cette sainte mère.

La région historique de Tao-Klarjeti fut habitée, à travers l'histoire, et même jusques à nos jours, par des Géorgiens de souche. Cependant, depuis 1921, lorsque les communistes ont annulé l'indépendance de la République de Géorgie, Tao-Klarjeti est une possession turque.

Dieu a doté cette région de beaucoup de soleil et d'air pur, libre de chaleur cruelle et de gel amer. Le climat local accentue la beauté de cette région merveilleuse.

Mais la région de Tao-Klarjeti a été transformée en champ de bataille un nombre incalculable de fois à travers l'histoire: elle a été témoin de la victoire et de la défaite, de la destruction et de la restauration, de la trahison et de la fidélité désintéressée. Grâce à toutes ces épreuves, elle est resté une partie inséparable de la nation unifiée géorgienne. En dépit du fait que, aujourd'hui, Tao-Klarjeti est située à l'intérieur des frontières d'un gouvernement étranger et que ses diocèses géorgiens sont souvent désignés comme appartenant à l'Eglise arménienne, la vérité historique doit être maintenue.

Le 17 Octobre 2002, l'Église Apostolique Géorgienne restaura nominalement les diocèses de Klarjeti et de Lazeti sous sa propre compétence, et déclara l'évêque titulaire d'Akhaltsikhe comme leur chef spirituel. Le même jour, l'Eglise géorgienne canonisa les saints vénérables pères et mères qui ont œuvré dans ces régions sous la direction de saint Grégoire de Khandzta. Seuls quelques-uns de ces  ascètes craignants Dieu, parmi lesquels le saint Catholicos  Nerse II, étaient arméniens par filiation, mais ils s'étaient convertis à l'Orthodoxie et prêchaient la vraie foi dans le désert avec les pères géorgiens.

Par l'intercession des saints pères et mères du désert de Klarjeti et de tous Tes bienheureux saints, Seigneur Jésus-Christ, notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze

in


[1] voir Archimandrite Grigol Peradze,"An Account of the Georgian Monks and Monasteries in Palestine, " Georgica, Autumn 1937, nos 4-5, pp.181-246




lundi 17 octobre 2016

SAINT HIEROMARTYR EVDEMOZ, Catholicos-Patriarche de Géorgie († 1642)



Mémoire 4 /17 octobre

Saint Evdemoz a dirigé l'Église orthodoxe géorgienne au milieu du 17e siècle, durant le règne du roi Rostom-Khan (1632-1658), un géorgien qui s'était converti à l'islam.

Après avoir tué le roi de Kartli Louarsab II et chassé le roi de Kakhétie Teimuraz I, le shah persan Abbas Ier avait déclaré Rostom-Khan souverain d'un royaume unifié de Kartli-Kakhétie. Rostom essaya d'être accommodant dans ses politiques et de protéger les croyances et les traditions à la fois du shah persan et du peuple géorgien: il établit un salaire standard pour le clergé et construisit même des églises géorgiennes, mais la société se détériora quand même rapidement. Les vices humains devinrent monnaie courante, et les péchés comme ceux de Sodome et Gomorrhe se multiplièrent. La nation était tellement vaincue par le péché que même le clergé cessa de se comporter d'une manière conforme à son rôle donné par Dieu.

Mais le berger en chef de la nation géorgienne ne céda pas à la décadence morale de son troupeau, et il affronta cette crise avec conviction et courage. Plusieurs fois, il mena ses plus vaillants chefs militaires dans la révolte contre la Perse. A l'instar du Catholicos Evdemoz, plusieurs princes géorgiens se rebellèrent contre la politique pro-persans de Rostom-Khan et chassèrent l'influence islamique de leurs territoires.

Le Catholicos Evdemoz résista à la coutume islamique d'élever les héritiers du roi à la cour du shah depuis leur jeune âge. Il ne fut jamais trop intimidé par le roi pour exposer ses fautes et lui dire à chaque occasion propice: " Tu es le père naturel des musulmans, mais le parâtre des chrétiens"

Evdemoz était le père spirituel de la femme de Rostom-Khan, la fidèle Reine Mariam, fille de Manouchar Dadiani, prince de Samegrelo.

En raison des labeurs du saint Catholicos Evdemoz et de la reine Mariam, l'âme chrétienne du peuple géorgien ne fut pas entièrement éteinte. Les géorgiens construisirent des églises, écrivirent de la littérature spirituelle, et peu à peu retrouvèrent leur conscience nationale. Le Catholicos Evdemoz prêcha dans tout le pays et développa et mit en œuvre un plan pour amener le roi Teimuraz, qui avait été chassé par le shah Abbas, de retour sur le trône.

Naturellement Rostom-Khan se sentit menacé par la forte influence que le Catholicos Evdemoz avait sur les gens. En 1642, il arrêta le berger en chef du peuple géorgien et essaya de le convaincre, mais ni sa tendresse feinte, ni ses menaces n'entamèrent la ferme volonté de l'homme qui aimait le Christ et sa patrie par-dessus tout. Après son arrestation, saint Evdemoz critiqua le roi encore plus durement et appela le peuple à se soulever contre lui. Enfin Rostom-Khan ordonna que le Catholicos Evdemoz soit étranglé à mort dans sa cellule de prison, et comme une insulte subséquente, son corps fut jeté hors de la Forteresse de Nariqala (à Tbilissi) dans la direction des bains turcs.

Cette nuit-là, un groupe de chrétiens volèrent le corps du saint hiéromartyr. le  Catholicos-Patriarche Evdemoz et l'enterrèrent dans le coin nord-ouest de l'église d'Anchiskhati à Tbilissi.

Majestueux hiérarque de l'Eglise, yeux des martyrs, et étoile brillante, Ô saint Catholicos Evdemoz, supplie le Christ Dieu d'avoir pitié de nos âmes!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in