Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

samedi 30 septembre 2017

Les 6000 martyrs du désert de Davit-Gareji ( 1616)




En 1616, le Shah de Perse Abbas 1er conduisit son immense armée vers la Géorgie et attaqua ce pays. Ayant étanché sa soif de sang chrétien, il organisa une partie de chasse dans la vallée de Gare Kakheti. Il campa avec son escorte dans les montagnes de Gareji et y passa la nuit.

A minuit, l'attention du Shah fut attirée par une colonne de feu qui s'élevait dans la montagne. D'abord il crut à une apparition. Il fut vite informé , qu'il y avait là un monastère célèbre et que cette nuit les moines faisaient une procession autour de l'église avec des cierges pour célébrer la sainte résurrection du Christ. Immédiatement, le Shahordonna à son armée de marcher vers le monastère et de tuer tous ceux qu'ils y trouveraient célébrant la fête des fêtes.

La même nuit, un ange du Seigneur apparut à l'higoumène Arsène de Davit-Gareji et lui dit: " Notre Seigneur Jésus-Christ appellent les frères dans son Royaume Céleste. Cette nuit de grandes souffrances vous attendent: vous serez passés au fil de l'épée. Celui qui désire prolonger sa vie terrestre, qu'il s'en aille, mais celui qui a soif de purifier son âme pour l'éternité, qu'il périsse par l'épée, et le Seigneur lui donnera la couronne d'immortalité. Dis ceci à tous ceux qui demeurent au monastère, et que chacun fasse son choix librement."

L'higoumène informa les moines et ils commencèrent à se préparer à leurs souffrances imminentes. Deux jeunes moines seulement, craignirent la mort et fuirent vers une montagne non loin du monastère.A la fin du chant du Notre Père, vers la fin de la liturgie pascale, le monastère fut complètement encerclé par les guerriers perses. L'higoumène Arsènesortit de l'église et s'approchant du chef des assaillants, il lui demanda un temps de répit pour pouvoir finir l'office, afin que tous les frères puissent recevoir la Sainte Communion.

Les perses se consultèrent et acceptèrent d'honorer cette requête. Les frères participèrent aux Saints Dons, s'encouragèrent et se présentèrent habillés en vêtements de fête devant les incroyants. Les perses décapitèrent d'abord l'higoumène Arsène, puis ils massacrèrent sans pitié ses frères en Christ.

Quand les perses eurent fini de tuer les moines, ils s'organisèrent en plusieurs régiments et ils se dirigèrent vers d'autres monastères du désert de Gareji. A mi-chemin des monastères de Tchitchkhituri et Saint Jean Baptiste, les musulmans capturèrent les deux jeunes moines qui avaient fui précédemment et exigèret qu'ils se convertissent à l'islam. Les moines refusèrent d'abandonner la foi chrétienne et ils furent tués. Un buisson de rose poussa à l'endroit où ils furent tués et continua à fleurir et à embaumer jusqu'au XIXème siècle, malgré le sol sec et rocailleux. 

A la fin du XVIIème siècle, le Roi Archil rassembla avec grande révérence les os des martyrs et les ensevelit dans un grand satsnakheli ( un grand récipient de pierre utilisé pour écraser les grappes de raisin, un pressoir à grappes, symbole de l'écrasement des passions) à gauche de l'autel de l'église de Motsameta (des Quarante Martyrs). Leurs saintes reliques continuent à donner du myrrhon jusques à ce jour!

Les frères de saint Davit de Gareji et de Saint Jean Baptiste, ont reçu une bénédiction du Catholicos Anton 1er pour composer un office pour les martyrs et pour fêter leur mémoire le Mardi Lumineux, troisième jour de la Pâques Sainte.


Le Christ pour Qui vous avez été immolés en saints sacrifices
Vous a glorifiés par la couronne du martyre
Et aujourd'hui vous avec rejoint les rangs célestes des saints
Ô bienheureux et très honorables martyrs,
Priez le Christ Dieu D'avoir pitié de nos âmes.


in Archpriest Zakaria Machitadze, 
Lives of the Georgian Saints
St. Herman of Alaska Brotherhood, 2006
Version française Claude Lopez-Ginisty

vendredi 29 septembre 2017

Saints frères martyrs Isaac et Joseph (+808)


Mémoire le 16/29 Septembre

Les saints martyrs Isaac et Joseph (Isaak et Ioseb) les Géorgiens, sont nés dans une famille musulmane, mais leur mère géorgienne, chrétienne, les éleva secrètement selon la tradition chrétienne. Les frères étaient si fermement consacré à la foi qu'ils voyagèrent à Byzance pour demander que l'empereur Nicéphore Phocas 1er (802-811) leur permette de s'installer dans sa capitale. Le pieux souverain accorda un accueil chaleureux aux frères, qui étaient déjà bien connus et respectés par la noblesse de Théodosiopolis (Karnu).

Apprenant l'intention des frères, l'émir de Théodosiopolis exigea de savoir la raison de leur voyage à Constantinople. Les frères lui répondirent ouvertement, citant leur foi chrétienne comme la raison de leur voyage. En entendant cela, l'émir fut furieux, mais il ne voulait pas tuer les frères, car ils étaient profondément respectés par les gens de sa ville. Au lieu de cela, il résolut de les faire renoncer à la foi chrétienne.

Le vieux père d'Isaac et Joseph en larmes, les supplia de renier le Christ, tandis que l'émir leur promit tous les honneurs et toutes les récompenses pour Le trahir, et de terribles souffrances et la mort dans le cas de leur refus.

Mais les saints frères répondirent à l'émir, en disant: "Souviens-toi que la chair est comme l'herbe et toute la gloire de cette terre est comme une fleur qui pousse dans l'herbe. Quand l'herbe se dessèche, la fleur meurt aussi (cf. Isaïe 40:6-7). Tes menaces de torture et de mort sont pour nous plutôt absurdes, car ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les puissances, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus-Christ notre Seigneur (Romains 8:38-9)."

L'audace des jeunes hommes rendit l'émir enragé, et il ordonna à ses serviteurs de les exécuter.

Avant que les saints frères ne rendent leurs âmes, ils s'agenouillèrent sur le sol et prièrent: "Ô saint Roi et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, abaisse tes yeux sur Tes serviteurs avec miséricorde et reçois-nous comme un saint sacrifice. Compte-nous nous parmi tes martyrs et rends-nous  dignes de la couronne de justice, car tout don excellent et parfait vient d'en Haut et descend de Toi, Père des Lumières (cf. Jacques 1:17)! "Puis ils inclinèrent leurs cous sous l'épée.

Les bourreaux leur coupèrent la tête, laissant leurs corps intact. Cette nuit-là leurs restes sacrés brillaient d'une lumière éclatante. Ce miracle effraya les persécuteurs impies, et ils ordonnèrent aux chrétiens locaux d'enterrer les restes des saints martyrs. L'évêque et le clergé local livrèrent leurs corps à la terre avec une grande vénération. Une église fut érigée plus tard sur le lieu où Saints Isaac et Joseph furent déposés.

Ô saints Martyrs Isaac et Joseph, ne nous oubliez pas, nous qui honorons votre sainte mémoire, et intercédez auprès du Christ-Dieu pour le pardon de nos péchés!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in

jeudi 28 septembre 2017

Vénérable Abba Joseph (Ioseb ) d'Alaverdi († 570)


Mémoire 15/28 Septembre

Le bienheureux Abba Joseph d'Alaverdi était un disciple et compagnon de saint Jean (Ioane) de Zedazeni, qui, au 6ème siècle est arrivé en Géorgie avec douze ascètes syriens pour répandre la foi chrétienne.

Avec la bénédiction de son maître, Père Joseph s'installa dans le village d'Alaverdi en Géorgie orientale. Selon la tradition, il portait avec lui une croix formée à partir du bois de la Croix vivifiante de notre Sauveur.

A cette époque, la région autour d'Alaverdi était déserte et stérile. Un jour, le Seigneur envoya un noble chasser dans la vallée où le pieux ermite habitait parmi les animaux sauvages. En voyant le saint, le noble devina immédiatement que devant lui se tenait un saint homme. Il s'inclina devant lui, l'embrassa, et humblement lui demanda ce qui l'avait amené en cet endroit désert.

Avec l'aide de Dieu, saint Joseph suscita dans le grand seigneur un amour divin et un désir inextinguible de la vérité. Le noble promis d'ériger une église dans le désert d'Alaverdi, et il jeta les bases du monastère d'Alaverdi par l'accomplissement de ce vœu. Le Vénérable Joseph fut ravi de l'accomplissement de cette œuvre agréable à Dieu.

Bientôt, les gens commencèrent à entendre des histoires sur le saint staretz qui œuvrait à Alaverdi. Des foules de fidèles y affluèrent là pour le voir de leurs propres yeux et entendre la prédication du bienheureux Joseph. À la suite de ses efforts incessants, l'incrédulité fut déraciné, et les offices divins de l'Église furent fermement établis dans cette région. Beaucoup de fidèles étaient tellement attirés par la vie sainte d'Abba Joseph, par son amour sans limites, et ses miracles qu'ils quittèrent le monde pour participer à ses travaux. Peu à peu, le nombre d'ermites augmenta, et une grande communauté fut formée. Père Ioseb fut le premier higoumène de cette confrérie.

Littéralement épuisé par une vie agréable à Dieu par l'ascèse et les labeurs, saint Joseph sentit l'approche de la mort et se prépara à se tenir devant le Seigneur Dieu. Il rassemblé ses disciples, il les bénit, les instruisit pour la dernière fois, nomma un nouvel higoumène, et il partit pacifiquement vers le Seigneur.

Avec grand honneur les disciples de Père Joseph l'enterrèrent dans l'église d'Alaverdi. De nombreux miracles eurent lieu depuis sur la tombe du vénérable staretz.

La nation géorgienne se réjouit pour cette fête qui est tienne et elle adore le  Seigneur, qui donna à Son peuple un tendre père protecteur. En entrant dans Ton saint temple, nous recevons une grande miséricorde de Dieu, ô saint Père Joseph!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in


mardi 26 septembre 2017

SAINT REINE MEGALOMARTYRE KETEVAN († 1624)


Commémorée le 13/26 Septembre


La sainte Reine mégalomartyre Kétévan était la fille d'Ashotan Mukhran-Batoni, dirigeant éminent de la famille royale Bagrationi. Ketevan, intelligente et pieuse, fut mariée au prince David (Davit), héritier du trône de Kakhétie. Le père de David, le roi Alexandre II (1574-1605), eut deux autres fils, Georges et Constantin, mais conformément à la loi, le trône appartenait à David. Constantin se convertit à l'islam et grandit dans la cour du shah persan Abbas Ier.

Plusieurs années après David et Kétévan se marièrent, le roi Alexandre quitta le trône et fut tonsuré moine à Alaverdi. Mais au bout de quatre mois, en l'an 1602, le jeune roi Davis décéda subitement. Son épouse Kétévan, et ses deux enfants - un fils, Teimuraz, et une fille, Hélène - lui survécurent, et son père monta sur le trône une fois de plus.

En entendant parler de la mort de David et du retour d'Alexandre sur le trône royal, le Shah Abbas ordonna au plus jeune fils d'Alexandre, Constantin-Mirza, de se rendre à Kakheti, d'assassiner son père et son frère cadet, Georges, et de s'emparer du trône de Kakhétie.

Conformément aux instructions, Constantine-Mirza décapita son père et son frère, puis envoya leurs têtes, comme un don précieux, au Shah Abbas. Leurs corps sans têtes, il les envoya à Alaverdi. [1] La Reine veuve Kétévan fut épargnée pour enterrer son beau-père et son beau-frère.

Mais Constantin-Mirza était toujours insatisfait, et il proposa de prendre la reine Kétévan pour épouse. Indigné par sa proposition, les nobles de Kakhétie se soulevèrent, et tuèrent le jeune homme qui avait commis le parricide et profané sa foi et le trône. Après avoir enterré le méchant Constantine-Mirza avec les honneurs dignes de son ascendance royale, Kétévan envoya des dons généreux à Shah Abbas et lui demanda de proclamer son fils Teimuraz, héritier légitime du trône. Alors qu'elle était en attente de sa réponse, Kétévan assuma la responsabilité personnelle du gouvernement de Kakhétie.

Craignant que, s'il rejetait cette demande, le Kakheti serait forcée de se séparer de lui et de s'unir avec Kartli, le Shah Abbas s'empressa d'envoyer le prince Teimuraz en Géorgie, chargé avec de grandes richesses.

En 1614, Shah Abbas informa le roi Teimuraz que son fils serait pris en otage, et Teimuraz fut contraint d'envoyer son jeune fils Alexandre et sa mère Kétévan en Perse. Comme une dernière tentative pour diviser la famille royale de Kakhétie, le Shah Abbas demandé que le prince aîné, Levan, soit amené devant lui, et finalement il appela le roi Teimuraz lui-même.

Les intentions du Shah étaient claires: garder toute la famille royale en Perse et envoyer ses propres vice-rois pour gouverner en Kakhétie. Il chercha à éliminer également le roi Luarsab II de Kartli ainsi, mais Teimuraz et Luarsab décidèrent d'attaquer l'armée perse avec des forces interarmées et de chasser l'ennemi hors de la Géorgie.

Le Shah Abbas envoya ses otages, la reine Ketevan et ses petits-fils, au plus profond de la Perse, tandis que lui-même lançait une attaque sur la Kakhétie. Par le feu et l'épée, le souverain impie pilla toute la Géorgie.

Le palais royal fut rasé, églises et monastères furent détruits et des villages entiers furent abandonnés. Par ordonnance du Shah, plus de 300.000 Géorgiens furent exilés en Perse, et leurs maisons furent occupées par des tribus turques d'Asie centrale. La faim et la violence régnèrent sur la Géorgie.

Les rois géorgiens défaits Teimuraz et Luarsaba cherchèrent refuge auprès du roi Georges III d'Imereti.

Après avoir passé cinq ans en exil à Chiraz (Perse), les princes Alexandre et Levan furent séparés de Kétévan et castrés à Ispahan. Alexandre ne put supporter la souffrance et il mourut, alors que Levan devint fou.

Sainte Kétévan, quant à elle, resta prisonnière du gouverneur de Perse du sud, de souche géorgienne. l'imam Quli Khan-Undiladzé, qui considérait la reine veuve de Kakhétie avec un grand respect. Sur son ordre, Kétévan ne découvrit pas le sort de ses petits-fils.

La reine Kétévan passa dix ans en prison, en priant pour sa patrie et ses proches avec toutes ses forces et en s'astreignant à un régime ascétique rigoureux. Le jeûne et la prière constants, et un lit de pierre épuisèrent son corps autrefois choyés, mais dans son esprit, elle était courageuse et pleine de vitalité. Elle s'occupait de ceux qui étaient assignés à ses soins et les instruisait dans la vie spirituelle.

Après un certain temps Abbas décida de convertir Kétévan à l'islam, et il annonça son intention de l'épouser. Il demanda que sa proposition lui soit transmise le même jour où elle fut informée du sort de ses petits-fils. Comme condition de leur mariage, Abbas insista pour que Kétévan renonce à la foi chrétienne et se convertisse à l'islam. Dans le cas de son acquiescement, l'Imam Quli Khan devait la respecter et l'honorer comme une reine, et dans le cas de son refus, il devait la soumettre à la torture publique. L'imam alarmé supplia la reine de soumettre à la volonté du shah et de se sauver, mais la reine refusa fermement et commença à se préparer pour son martyre. [2]

La reine Ketevan fut vêtue en habit de fête et conduitr à une place bondée. Ses persécuteurs la soumirent à une torture indescriptible: Ils lui placèrent un chaudron de cuivre rouge sur la tête, arrachèrent à sa poitrine avec des pinces chauffées, percèrent son corps de lances ardentes, déchirèrent ses ongles, clouèrent une planche à sa colonne vertébrale, et enfin lui ouvrirent le front avec une pelle rougie au feu.




L'âme de sainte Kétévan quitta son corps, et les bourreaux jetèrent son corps mutilé aux bêtes. Mais le Seigneur Dieu envoya un miracle: ses saintes reliques furent éclairées par une lumière radieuse.

Un groupe de pères missionnaires augustins français, qui avaient été témoins des tortures inhumaines, enveloppèrent le corps de la Reine Kétévan dans des draps parfumés de myrrhe et d'encens, et l'ensevelirent dans un monastère catholique.

Quelque temps plus tard, les saintes reliques de la mégalomartyre Kétévan furent apportées à son fils, Teimuraz, roi de Kakhétie.

Teimuraz pleura sa mère et ses fils et enterra les reliques avec honneur dans la cathédrale Saint-Georges d'Alaverdi.

Assoiffée d'un saint désir tu souffris de nombreuses blessures, Tu enduras d'innombrables tortures, et tu renonças à la majesté terrestre pour te rapprocher du Royaume des Cieux. Ô trois fois bienheureuse Kétévan, supplie le Christ-Dieu d'avoir pitié de nos âmes!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in






lundi 25 septembre 2017

Saint Dosithée, hiéromartyr de Tbilissi († 1795)





Mémoire le 12 (25) Septembre

Trente-cinq mille soldats perses se dirigeaient vers la Géorgie en l'an 1795. Le roi géorgien Erekle II (1762-1798) et ses deux mille soldats déclarèrent la guerre aux envahisseurs alors qu'ils approchaient de Tbilissi. Les Géorgiens  remportèrent la première escarmouche, mais plusieurs périrent dans les combats. L'ennemi fut ébranlé et se préparait à fuir le champ de bataille, quand plusieurs traîtres signalère à Aqa Muhammed Khan que le roi avait perdu toute son armée près de Erekle. Cette trahison décida du sort de la bataille: les cent cinquante soldats qui restaient dans l'armée géorgienne réussirent à peine à sauver la vie du roi Erekle, qui voulait périr sur le champ de bataille avec ses soldats.

Tout Tbilissi fut la proie des flammes. Les pillards tuèrent les gens, mirent le feu aux bibliothèques, détruisirent l'atelier d'impression, et vandalisèrent les églises et les palais du roi. Ils massacrèrent d'une manière particulièrement cruelle les membres du clergé.

Malheureusement, l'histoire n'a pas conservé les noms de tous ces martyrs qui ont péri dans cette tragédie, mais nous savons qu'un certain Dosithée  métropolite de Tbilissi fut tué parce qu'il ne voulait pas abandonner son troupeau. Alors les envahisseurs tuèrent tout simplement la plupart des membres du clergé, de saint Dosithée ils exigèrent une renonciation à la foi chrétienne. Ils lui ordonnèrent de souiller la Vraie Croix Vivifiante de notre Seigneur. Mais le saint hiéromartyr Dosithée endura les plus grands tourments sans céder à l'ennemi, et il accepta avec joie la mort pour l'amour du Christ. Les envahisseurs abattirent le serviteur dévoué du Christ avec leurs épées.

Saint-Dosithée fut martyrisé le 12 Septembre de l'année 1795.

Ton âme se réjouit radieusement avec Dieu, ô saint hiérarque Dosithée. Prie le Très Doux Jésus d'avoir pitié de nos âmes!



Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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jeudi 21 septembre 2017

Saints confesseurs Jean ( Ioane Maisouradzé) et Georges-Jean ( Giorgi-Ioane Mkheidzé) (1957 & 1960)

Sts. Giorgi-Ioane (Mkheidze) and Ioane (Maisuradze)
Saint Jean et saint Georges-Jean
Commémorés le 8/21 septembre

L'archimandrite Jean (Basile Maisuradzé dans le monde) est né dans la ville de Tskhinvali dans Le district de Samachablo vers 1882. Il a grandi dans une famille de paysans et a appris à effectuer toutes sortes de travaux manuels. Basile était à peine dans l'adolescence quand il aida Père Spiridon (Ketiladzé), prêtre principal au monastère de Béthania, à restaurer le monastère entre 1894 et 1896.

De son jeune âge,  Basile était impatient d'entrer dans la vie monastique, et en 1903, selon la volonté de Dieu, il déménagea à la skite de Saint-Jean le Théologien au Monastère d'Iveron sur le Mont Athos. Parmi les frères, il se distinguait par sa simplicité et son obéissance. Il fut tonsuré moine et nommé en l'honneur de Saint Jean le Théologien, qu'il vénérait profondément et qu'il cherchait à imiter. Le moine  Jean fut bientôt ordonné prêtre. Tout au long de sa vie, lepère saint se consacra au service de Dieu et de ses frères en Christ, dans l'espoir que sa propre vie pourrait être fructueuse pour eux.

Père Jean est resté sur le Mont Athos pendant dix-sept ans. Puis, en raison des circonstances de plus en plus troublées en ce lieu, il quitta la Sainte Montagne avec les autres moines géorgiens entre 1920 et 1921. Il s'installa au monastère d'Armazi en dehors de Mtskheta, où les bolcheviks avaient laissé un seul moine œuvrant dans la solitude.

Un jour une bande de tchékistes armés ont fait irruption dans le monastère, en sortant à la fois Père Jean et l'autre moine, et leur ont tiré dans le dos.

Croyant qu'ils étaient morts, ils les jetèrent dans une gorge voisine. Un groupe de personnes découvrit plus tard le corps de Père Jean presque inanimé et l'amena au Monastère Samtavro à Mtskheta. L'autre moine ne subit que des blessures mineures et retourna au monastère de son propre chef.

Lorsque son état de santé fut rétabli, le père Jean est allé au monastère de Béthanie, où son premier père spirituel œuvrait toujours. Il fut nommé higoumène peu de temps après. Habitué à travailler dur dès son enfance, il géra habilement les travaux agricoles du monastère. Lorsque les visiteurs venaient au monastère obtenir des conseils ou du réconfort, le père Jean les accueillait chaleureusement, mettant un repas de fête devant eux. Il aimait passer du temps avec ses invités, surtout avec les enfants.

On dit qu'il avait toujours des bonbons ou quelque régal à donner aux tout-petits. Les enfants l'aimaient tellement qu'à la fête de Saint Jean le Théologien, alors qu'il aspergeait l'église d'eau bénite, ils sautaient autour de lui et essayaient d'ébouriffer ses cheveux. Les parents des enfants avaient honte, mais  Père Jean leur assurait joyeusement qu'il était normal d'être si joyeux en un jour de fête.

Vraiment Père Jean était doté d'un amour profond pour les jeunes, et il était également béni du don divin de prophétie et de miracles. Un jour un certain Irakli Ghoudoushauri, étudiant au Séminaire Théologique de Moscou, lui rendit visite au monastère. Père Jean le reçut avec une chaleur exceptionnelle, en le bénissant avec des larmes de joie.

Cet étudiant deviendra plus tard le Catholicos-Patriarche Ilia II, le berger bien-aimé qui continue à mener le troupeau des fidèles géorgiens jusques à ce jour.

Fr. Ioane se disciplinait sévèrement. Il travaillait dur toute la journée et dormait sur une seul morceau de bois. Il passait des nuits entières à prier. Beaucoup se demandaient quand il se reposait et où il avait acquis une telle réserve d'énergie en apparence infinie.

Parfois des voleurs volaient de la nourriture ou des animaux domestiques du monastère. Mais le monastère avait également eu de nombreux protecteurs, même au sein du gouvernement soviétique. Un groupe de chrétiens qui travaillaient pour le gouvernement, tandis qu'ils pratiquaient secrètement leur foi soutenaient  Père Jean et Père Georges (Mkheidze), en expliquant leurs fonctions et en les justifiant auprès du gouvernement en tant que "gardiens d'un monument culturel national."

Beaucoup de miracles accomplis par Père Jean nous sont connus aujourd'hui, mais il se gardait de recevoir l'honneur de ses actes. Les pères Jean et Georges guérissaient les sourds, et un grand nombre de malades en phase terminale leur étaient amenés pour être guéris. Après avoir passé plusieurs jours dans le monastère, les infirmes étaient miraculeusement purifiés de leurs maladies.


The church of Betania Monastery
Eglise du Monastère de Batania


Père Jean portait la plus lourde charge de travail dans le monastère. Il sympathisait profondément avec Père Georges, qui était malade physiquement et inapte au travail ardu. Mais Père Jean quitta cette vie avant Père Gorges. Père  Jean tomba malade et reposa en 1957, à l'âge de soixante-cinq ans. Il fut enterré au monastère de Betania.

Père Georges (Mkheidze) est né dans le village de Skhvava dans la région de Racha vers 1877. Il  reçut une éducation militaire, chose très appréciée au sein de l'aristocratie de Géorgie, mais au lieu de poursuivre une carrière militaire pour la défense de l'empire russe, il se consacra au mouvement de libération nationale de la Géorgie.

À un certain moment le pieux et savant Georges travailla pour saint Ilia le Juste comme secrétaire personnel. Il rencontra souvent le père spirituel de saint Ilia, le saint hiérarque Alexandre (Okropiridzé), et le saint hiéromartyr Nazar (Lejava), et il fit également connaissance avec d'autres dirigeants spirituels de l'époque.

Désireux de sacrifier sa vie à Dieu, Giorgi fut tonsuré dans le monachisme par le saint hiéromartyr Nazaire (Nazar). Son caractère rare combinait une conduite de noble avec l'humble ascétisme d'un moine. Père Georges fut ordonné prêtre et, peu après élevé au rang d'archimandrite. Rempli de l'amour divin et de sentiment patriotique, et père saint supporta volontiers les lourdes charges et les tribulations spirituelles qui affligeaient son pays à cette époque.

En 1924, tandis que Père Georges œuvrait au monastère de Khirsa en Kakhétie, en Géorgie orientale, une foule tchékiste armée fit irruption dans le monastère. Les auteurs de ce méfait  le battirent, lui coupèrent les cheveux, rasèrent sa barbe, et menacèrent de prendre sa vie. Il se réfugia dans sa famille, mais en vain, ses frères, qui étaient athées, rasèrent sa barbe alors qu'il dormait. (Un des frères de Père Georges se suicida par la suite, et l'autre, avec son épouse, fut abattu par les tchékistes.) Dans la même année, Père Georges visita le Monastère de Betania et fut introduit auprès du Père Jean (Maisuradzé), avec qui il œuvra pour le reste de sa vie.

La santé de Père Georges était pauvre, et il était en mesure d'effectuer seulement le plus légères des tâches autour du monastère. Il s'occupait du potager et avait pris la responsabilité d'élever les abeilles. Il était extrêmement généreux. Par moments, il donnait toute la nourriture du monastère aux nécessiteux, assurant Père Jean que Dieu Lui-même fournirait leur pain quotidien.

Grand, mince, et avec une posture droite, Père. Georges était sévère en apparence et dans son comportement. Il parlait très peu avec d'autres personnes, et les enfants ne jouaient pas avec lui comme ils l'avaient fait avec Père Jean. Connaissant son caractère, ils essayaient de lui plaire en récitant des prières et en se comportant bien. Père Georges n'aimait pas quitter le monastère, mais il était souvent nécessaire pour lui de se rendre à Tbilissi pour visiter ses enfants spirituels -parmi lesquels se trouvaient de nombreux chrétiens cachés qui travaillaient pour le gouvernement.

Père Georges était doté des dons de prophétie et de guérison, mais il prenait soin de les cacher. Lorsqu'il était contraint de les révéler, il faisait croire qu'ils n'étaient rien d'extraordinaire. Un jour un certain pèlerin arriva au monastère et fut surpris de découvrir que Père Georges le connaissait de nom. Sentant son grand étonnement, Père Georges dit au pèlerin qu'il avait assisté à son baptême quelques trente ans plus tôt, dissimulant ainsi son don de Dieu. Père Georges sut à l'avance quand son neveu amenait ses sœurs, qu'il n'avait pas vues en quarante-huit ans, pour lui rendre visite au monastère durant le Grand Carême. Éclairé par cette prescience, Père Georges prépara du poisson et un repas de fête en l'honneur de cette occasion.

Les prières de l'higoumène Georges et du Père Jean guérirent le neveu de ce dernier, qui avait été touché par une souche mortelle de méningite. Ils restaurèrent l'ouïe d'un enfant sourd et guérirent beaucoup d'autres gens de leurs infirmités corporelles.

En 1957, quand Père Jean reposa dans le Seigneur, Père Georges fut tonsuré dans le grand schème. On lui donna le nom de Jean en l'honneur de son frère spirituel nouvellement décédé. Père Georges-Jean portait maintenant l'entière responsabilité des affaires du monastère. Son état de santé se détériora encore sous le poids de ce joug pesant. Ses enfants spirituels commencèrent à venir de la ville pour s'occuper de lui. Un jour une jeune fille de vingt ans, arriva au monastère, se plaignant de maux de tête incessants. On lui avait dit que l'eau du monastère de Betania la guérirait. Elle y resta pendant une semaine et fut miraculeusement guérie. Quand elle partit pour retourner à la maison, Père Georges-Jean, en dépit de sa fragilité physique, marcha pendant sept kilomètres pour la voir.

The graves of Sts. Ioane and Giorgi-Ioane
Tombes des deux saints

La Mère de Dieu apparut au père Georges-Jean dans une vision et soulagea sa terrible douleur physique. La protomartyre Thècle lui apparut aussi, lui présentant une grappe de raisin. Quelques jours avant son repos, le père saint était en ville, quand un ange lui apparut et lui annonça son natalice imminent. L'ange lui dit de retourner au monastère pour se préparer à son départ de ce monde.

Saint-Georges-Jean (Mkheidzé) naquit au Ciel en 1960. Il fut enterré au Monastère de Betania, à côté de Püre Jean (Maisuradzé). Ces vénérables pères ont été canonisés le 18 Septembre 2003, lors d'un concile du Saint-Synode, sous la direction spirituelle de Sa Sainteté Ilia II, Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie. Les pères Jean et Georges-Jean ont été considérés avec affection comme "une seule âme dans deux corps."

Vous êtes apparus faisant du désert votre demeure, anges dans la chair et thaumaturges. Par les jeûnes, les veilles et les prières vous avez reçu des dons célestes. C'est pourquoi vous avez guéri les malades et les âmes de ceux qui accouraient vers vous. Ô Pères théophores Jean et Georges-Jean, suppliez le Christ-Dieu d'avoir pitié de nos âmes!


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in

jeudi 14 septembre 2017

VÉNÉRABLE SYMEON le ​​Thaumaturge († 1773)



Mémoire le 1/14 Septembre
Saint Syméon fut élevé au monastère de Davit-Gareji. Il y œuvra comme  simple moine jusqu'à ce qu'il atteigne un âge avancé, et il fut choisi pour être higoumène. Exceptionnel de vertu et d'humilité, saint Symeon était doté par le Seigneur de la possibilité de faire des miracles.

Un jour, saint Symeon devint gravement malade et il fut étendu sans vie pendant plus d'une heure. Puis, par la Divine Providence, il se leva et distribua tous ses biens aux pères du monastère pour qu'ils le commémorent.

Lorsque saint Sérapion entendit parler de ce miracle, il se hâta d'aller vers l'higoumène Symeon, son père spirituel, et, éclairé par la grâce prophétique, le réconforta: "O Père honorable, donne-moi tes mains saintes que je puisse les embrasser. Comme je désire que ces mains enterrent la poussière de mon corps sans valeur, mais maintenant tu quittes ce monde avant moi. Tu t'en vas, mon Père, mais sans toi je ne vais pas rester longtemps sur cette terre! Je vais bientôt te suivre."


Davit-Gareji Monastery, where St. Svimeon labored



Monastère de Davit-Gareji, où saint Syméon œuvra

Ainsi, les Pères lui dirent adieu pour la dernière fois. Saint Syméon régla ses affaires au monastère, et en 1773 il reposa en paix, une semaine exactement après qu'il se fut remis de sa maladie mortelle.

Tu habitas dans le désert comme un ange dans la chair et un thaumaturge, ô père théophore Symeon. Tu reçus du ciel les vertus du jeûne, de  la vigilance et de la prière et et tu guéris les infirmes d'âme et de corps qui accouraient vers toi. Gloire à Celui Qui t'accorda la force, la gloire à Celui Qui te couronna, gloire à Lui Qui par toi accomplit des miracles!


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in

dimanche 10 septembre 2017

Sainte Reine et martyre royale Suzanne [Chouchanik († 475)]



Mémoire le 28 août /10 septembre


Sainte Suzanne (Chouchanik) était l'épouse du prince géorgien Varsken, souverain [1] d'Hereti. Ayant été élevé dans une famille chrétienne pieuse, elle était profondément pénétrée de l'amour et de la crainte de Dieu.

À ce moment, Kartli était sous forte pression politique de la Perse, et le prince Varsken rendit visite au roi perse Peroz dans l'espoir d'encourager des relations plus amicales entre les deux pays. Il renia volontairement la vraie foi, se convertit au culte du feu, et promit au roi de convertir sa femme et ses enfants à son retour en Hereti.

Ayant approché de la frontière d'Hereti, Varsken envoya des messagers à Tsurtavi, la ville qu'il gouvernait, pour que ses sujets viennent à sa rencontre avec le respect dû à son rang. La bienheureuse Suzanne, ayant appris la trahison de son mari, tomba au sol et pleura sur lui avec des larmes amères. Puis elle prit ses quatre enfants, déserta le palais, et chercha refuge dans une église voisine.

Ce soir-là Suzanne eut la visite de son père spirituel, le staretz Jacques (Iakob), qui prédit, "la cruauté et le manque de pitié de Varsken sont indéniables. Sache que de terribles épreuves t'attendent. Veux-tu être ferme et inflexible dans ta position? "

"Je préfère mourir que de m'unir avec lui et détruire mon âme!" Répondit-elle.

Trois jours plus tard, le prince arriva en Tsurtavi. Comme promis, il essaya de persuader sa femme de se convertir, mais sainte Suzanne répondit fermement: " De même que tu as renoncé à ton Créateur,  je renonce à toi. Je ne veux plus prendre part à tes affaires, quelle que soit la souffrance que je dois endurer! "

La fois suivante, Varsken envoya son jeune frère Jojik et l'évêque Apots pour convaincre Suzanne de retourner au palais. Suzanne refusa pendant un certain temps, mais à la fin elle céda à leur persuasion. Elle partit pour le palais avec le Saint Evangile et la Vie des Saints Martyrs, et quand elle arriva, elle s'enferma dans une cellule sordide.

Deux jours plus tard Varsken revint au palais et invita Chouchanik, son frère Jojik, et sa sœur pour le souper. La reine, cependant, ne pouvait se résoudre à partager un repas avec quelqu'un qui avait trahi le Christ: elle repoussa la tasse que la femme de Jojik lui avait offerte,  irritant encore davantage son époux.

Varsken furieux, battit sa femme sans pitié, l'entrava dans les fers, l'enferma en prison, et interdit aux gardes de laisser quiconque la voir.

Sainte Suzanne passa six ans en captivité. Pendant qu'elle purgeait sa peine, elle aida les pauvres qui venaient à elle. Par ses prières les malades furent guéris et des enfants naquirent chez celles qui étaient stériles.

Avant sa mort, la sainte martyre Suzanne bénis ceux qui étaient autour d'elle et demanda à être enterrée à l'endroit où son mari non-croyant l'avait traînée hors du palais.

Ceci advint en l'an 475. Le clergé et le peuple pleurèrent amèrement sur le destin tragique de Suzanne. Ses reliques furent enterrées conformément à sa volonté.

En 578, avec la bénédiction du Catholicos Kirion I, les saintes reliques de sainte Suzanne furent transférées à Tbilissi, où elles demeurent aujourd'hui dans l'Eglise de la Très Sainte Génitrice de Dieu de Metekhi.

Ô sainte Suzanne, à cause de la transgression de ton époux, tu fus ornée d'une couronne de martyre, et tu refusas le rang de reine terrestre en faveur du Royaume céleste. Maintenant tu te tiens avec hardiesse devant l'Epoux, le Christ Immortel. Protège-nous, nous qui louons ton nom!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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Note: [1] Comme l'Hereti (Province du Sud-Ouest de la Géorgie) était sous contrôle persan à l'époque, Varsken était en fait le viceroi au service des perses.

mercredi 6 septembre 2017

Vénérable Sérapion le Thaumaturge du Monastère Saint-Jean-Baptiste († 1774)

St. Serapion the Wonderworker

Mémoire le 24 août/6 septembre


Saint Sérapion était higoumène du monastère de Saint-Jean-Baptiste dans le désert de Davit-Gareji. Il fut doté par Dieu de la possibilité de faire des miracles.

Un jour saint Sérapion partit pour la ville, suivant à une courte distance  plusieurs des frères du monastère.

Alors qu'ils cheminaient, un groupe de bandits attaqua les moines qui marchaient devant leur higoumène et s'enfuirent avec de nombreux vases de l'église qu'ils portaient.

Terrifiés, les moines coururent de nouveau vers Sérapion et lui racontèrent ce qui s'était passé.

"Dieu est grand!" Dit Sérapion. "Je ne permettrai pas que les incroyants Lui volent Ses objets sacrés!"

Bâton à la main, le starter courut devant seul, à la poursuite des voleurs. Quand les voleurs se retournèrent, ils virent une terrible flamme sortant sortir du bâton du starter et ils furent grandement effrayés. Ils abandonnèrent l'âne qui portait leur butin et prirent la poudre d'escampette.

Une autre fois, Sérapion sortit soudain de sa cellule et cria à frères: "Malheur à moi! Malheur à moi! Les voleurs ont attaqué les serviteurs sur leur chemin vers le monastère! "

Ayant fait cette annonce effrayante, il retourna à sa cellule et commença à prier. Après quelques heures, les serviteurs désemparés arrivèrent au monastère et déclarèrent que des bandits les avaient attaqués le long du chemin. Les serviteurs déclarèrent que, lors de leur fuite, leurs agresseurs avaient abandonné les mules qui tiraient les choses appartenant au monastère. Peu de temps plus tard, les mules arrivèrent au monastère non accompagnées, portant leur charge comme auparavant.

Saint Sérapion abandonna finalement son rôle d'higoumène du monastère. Il fut tonsuré dans le grand schème et se retira dans la solitude. Peu de temps après, Dieu lui révéla que sa mort était proche, et il demanda aux frères de l'enterrer sous les portes de l'église, dans une tombe qu'il avait préparée pour lui-même. Il voulait que tous ceux qui entrent là, marchent sur sa tombe.

Saint Sérapion reposa en Christ dans l'année 1774.

Toi qui as été doté de la sainteté divine et de l'humilité, ô bon prédicateur de la foi chrétienne, saint Père Sérapion, prie Dieu pour nous!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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