Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

mardi 31 janvier 2017

VÉNÉRABLE HEROMOINE ALEXIS (CHOUCHANIA) († 1923)



Mémoire le 18/31 janvier

Saint Alexis (Chouchania) est né le 23Septembre 1852, dans le village de Noqalaqevi, dans le district de Senaki de Samegrelo, dans un couple de pieux chrétiens. Son père mourut en 1868, après avoir donné au futur hiéromoine de seize ans sa bénédiction pour s'occuper de la famille.

Dans la même année où son père est mort, Alexis se rendit à Jérusalem en pèlerinage, et de là à Constantinople pour rendre visite à son oncle, lslam Chouchania, marchand prospère et homme intelligent et pieux. Au cours de cette visite, Alexis est devenu fasciné par l'industrie du commerce et a décidé de devenir marchand lui aussi. Mais il allait bientôt découvrir que la volonté de Dieu était différente de la sienne.

Un jour, Alexis emprunté une petite icône de saint Jean-Baptiste à son oncle, s'enferma dans sa chambre, et il commença à éprouver une grande guerre intérieure. Il fut touché par un amour profond pour sa mère, ses sœurs, ses frères et amis, mais en même temps, il sentit une force invisible qui l'appelait à la vie spirituelle.

Après plusieurs heures angoissantes, Alexis se demanda finalement: "Comment puis-je accomplir la volonté de mon père? Il m'a confié la responsabilité de m'occuper de la famille, comment puis-je concilier cela avec l'appel de Dieu? "À son grand étonnement, un instructeur invisible lui répondit, en disant:" Si tu meurs maintenant, qui prendra la relève de tes responsabilités? "

La réponse était claire. "Dieu!" s'exclama Alexis. Et il entendit à nouveau la voix.

"Alors, meurs au monde, confie tout à Dieu, et Il s'occupera de ta famille."

La rencontre transforma la vie d'Alexis. Ensuite, il s'enferma dans sa chambre pendant des mois, lisant les Saintes Ecritures, et gardant un jeûne strict. Témoin de ce changement radical dans la façon de vivre d'Alexis, son oncle pensa qu'il serait préférable pour eux de quitter Constantinople et de retourner en Géorgie.

Il ne fallut pas longtemps avant que les proches d'Alexis ne se rendent compte qu'il avait fait une alliance avec Dieu, et qu'il allait entrer dans la vie monastique. Ses frères et sœurs étaient affligés en entendant les nouvelles, mais sa mère rendit grâce à Dieu et bénit son fils.

À l'âge de vingt ans, Alexis alla au monastère féminin de Teklati. Il commença à mener une vie ascétique rigoureuse et alla de village en village, prendre soin des personnes malades de la tuberculose, du choléra et d'autres maladies graves, et d'enterrer les cadavres des sans-abri.

Plusieurs années passèrent, et beaucoup devinrent convaincus qu'Alexi était un fole-en-Christ. Il prêchait la Parole de Dieu avec intensité, et sa vie était un exemple pour beaucoup. Sa prédication inspira sa mère, Hèléne, sa sœur cadette Salomé, et son frère Bessarion le rejoignirent dans la vie monastique. Après qu'il fut tonsuré moine, Bessarion fit un pèlerinage à Jérusalem et y resta pendant plusieurs années. En raison de son service exemplaire au Seigneur, il fut ordonné prêtre au monastère de Martvili. Plus tard, il fut tonsuré dans le grand schème.

Alexis passa également du temps sur le Mont Athos. Après son retour de la Sainte Montagne, il fit un pèlerinage au monastère des grottes de Kiev,  puis revint en Géorgie pour poursuivre ses labeurs spirituels.

Autour de l'année 1885 saint Alexis déménagé à monastère de Gelati, où il continua à étudier et produitre plusieurs œuvres originales. En 1886, il fut réaffecté au monastère de Khobi et ordonné diacre par l'évêque Grégoire (Grigol), et en 1888, il fut ordonné hiéromoine. Deux ans plus tard, en 1890, il tomba malade et retourna auprès de sa mère et ses sœurs au monastère de Teklati.

Selon la volonté de Dieu son état de santé fut restauré, et en 1891, Alexis façonna une cellule pour lui-même dans le village montagneux de Menji (aussi appelé " Collines des Archanges"), près de l'endroit où il était né. Il rassembla ses disciples et entreprit une vie ascétique rigoureuse. La  santé de Père Alexis s'améliora, de sorte qu'il put célébrer à nouveau les offices divins. Le saint père recevait l'aumône, mais il distribuait plus quee ce qui lui avait été donné. Il divisait les aumônes en trois parties: la première il la mettait de côté pour ses besoins personnels, la seconde, pour l'Église et ses invitéss, et le troisième, pour les pauvres et les infirmes.

Saint Alexis gardait une croix grandeur nature dans sa cellule, et quand il priait, il soutenait la croix sur son dos, car elle lui rappelait la position dans laquelle saint Simon de Cyrène porta la Sainte Croix du Christ pour la Crucifixion sur le Golgotha.

En dépit sa vie ascétique rigoureuse, le hiéromoine Alexis fut remarquablement proche des gens de sa communauté et il fut aimé par beaucoup pour la chaleur spirituelle qui émanait de lui.

Après de nombreuses années la vie ascétique rigoureuse demanda son dû à la santé du Père Alexis. Il renvoya ses élèves et passa les dernières années de sa vie terrestre (à partir vers l'an 1915) avec ses cousines, les moniales du grand schème Akepsima et Pasto. Saint Alexis reposa en Christ le 18 janvier 1923, frêle d'une longue vie de travail, placée au service du Seigneur.

Pendant quarante jours après sa mort, les moniales du grand schème Akepsima et Pasto restèrent dans sa cellule, de peur que les sbires du gouvernement communiste ne détruisent son humble demeure. Plus tard, elles enterrèrent le corps de Père Alexis à Teklati, et se mirent au labeur spirituel au monastère des Archanges. Avec la bénédiction du métropolite Ephrem de Batoumi-Chemokmédi et Chqondidi, la moniale du grand schème Akepsima et l'higoumène Pasto firent la translation des reliques incorrompues de Père Alexis de Teklati au monastère des Archanges et les enterrèrent près du mur Est du temple, le 8 janvier 1960. Saint-Alexis a été glorifiéé le 18 septembre 1995.

Les cieux au-dessus étaient exaltés par la sainteté, ô Père saint Alexis, et avec les neuf rangs des anges tu as glorifié la Très Sainte Trinité. Intercéde auprès du Christ pour sauver nos âmes!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
+

VÉNÉRABLE EPHREM (EPREM) LE MINIME, LE PHILOSOPHE († 1101)



Mémoire le 18/31 Janvier

Aujourd'hui on en sait peu sur la vie du vénérable Ephrem (Eprem) le Minime, le grand écrivain, traducteur, philosophe et défenseur de l'Eglise géorgienne du 11ème siècle. Son œuvres Réminiscences et d'autres sources, cependant, nous donnent les moyens de spéculer sur les grandes périodes de sa vie et sur ses travaux.

En 1027, lorsque le roi Bagrat IV (1027-1072) monta sur le trône géorgien, beaucoup de noblesde la région de Tao au sud de la Géorgie partirent en Grèce. Parmi eux se trouvait l'honorable Vatché, fils de Karitchi, qui, selon les érudits, était le père d'Ephrem.

Après avoir reçu une éducation grecque à Constantinople, Ephrem s'installa dans les Montagnes Noires près d'Antioche et commença ses labeurs spirituels.

Ses réalisations dans la littérature théologique et philosophique géorgienne sont incommensurables. Le nombre de ses œuvres est de presque une centaine, et les sujets couvrent presque tous les domaines de la recherche théologique. Ephrem a même développé sa propre théorie de la traduction, qui plus tard a formé la base de la composition écrite dans la langue géorgienne.

Sa théorie se compose de trois points essentiels: 1. Une composition doit être traduite de l'original, c'est-à-partir de la langue dans laquelle elle a été écrite. 2. La traduction doit porter la même signification littérale de l'original, mais la précision à cet égard ne doit pas violer la nature de la langue dans laquelle le texte est en cours de traduction.

3. Une section de commentaires qui examine toutes les questions pertinentes historiques, grammaticales et littéraires doit être incluse dans le texte traduit.

Ephrem traduisit cinq des œuvres de saint Denys l'Aréopagite, les Règles Ascétiques de saint Basile le Grand, les écrits de saint Ephrem le Syrien, des commentaires sur les épîtres et les Psaumes, et bon nombre d'autres écrits patristiques.

Parmi les œuvres originales Ephrem le minime, la plus importante est une Explication des riaonss de la conversion de la Géorgie, une compilation d'essais  et ses propres commentaires sur la conversion de la nation.

Dans la seconde moitié du 11ème siècle, les moines d'Antioche et de la Montagne Noire commencèrent à nier l'indépendance de l'Eglise géorgienne. Parmi les autres revendications, ils firent valoir qu'aucun des apôtres n'avait prêché la foi chrétienne en Géorgie. Il devint nécessaire de prouver que l'Eglise géorgienne était en effet autocéphale, et les membres de l'élite de la nation en conséquence appelèrent Ephrem pour régler cette question.

Ephrem étudia de nombreux écrits patristiques dans l'original grec, réunit les sources antiques, et réussit à pleinement assurer l'existence indépendante de l'Eglise géorgienne.

Saint Ephrem écrivit ce qui suit à propos de la prédication des Apôtres: "Sachez que depuis le temps des apôtres prêchaient, selon le prophète David: Leur voix a été entendue par toute la terre, et leurs paroles résonnaient dans chaque village (cf. Ps 18. : 4). En Géorgie, lAndré le Protoclyte (le Premier appelé) prêcha l'Évangile dans l'Avazgia (maintenant Abkhazeti), et de là il se rendit en l'Ossétie (maintenant Shida Kartli). Barthélemy prêcha également en Géorgie, dans la région de Kartli. "

Saint-Ephrem ne quitta jamais les Montagnes Noires. En 1091, il fut intronisé comme higoumène du monastère deKastana [1].

Notre saint père Ephrem reposa dans le Seigneur vers l'an 1101. Il est inclus dans la liste des défunts établie par le Conseil de Ruisi-Urbnisi en 1103, et l'année de sa mort a été estimée à partir des informations données dans cette source.

Ephrem a été glorifié par l'Église Orthodoxe de Géorgie en raison de sa   vie agréable à Dieu et des nombreuses œuvres louables qu'il a effectuées pour son Église et sa nation.

Ô étoile brillante, Ephrem le Minime, Père très honorable, ne cesse pas tes prières pour ceux qui célèbrent ta sainte mémoire!


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Lives of the Georgian Saints

de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze

in


[1] L'emplacement précis de Kastana est inconnu, mais selon les archéologues modernes, c'était probablement dans les Montagnes Noires. Pour une discussion complète sur ce sujet, voir: Wachtang Z. Djobadze, Matériaux pour l'étude des monastères géorgiens dans les environs occidentaux d'Antioche sur l'Oronte (Louvain: Corpus Christianorum Scriptorum Orientalium, 1976), pp 101-3.

samedi 28 janvier 2017

SAINTES SALOME D'OUJARMA ET PEROJAVRA DE SIVNIA (4ème siècle)




Mémoire le 15/28 janvier


Saintes Salomé d'Oujarma et Pérojavra de Sivnia furent les aides et les plus proches compagnes de sainte Nina (ou Nino), Illuminatrice de la Géorgie. Sainte Nino même les avait converties à la foi chrétienne. 
Salomé était la femme de Revi, fils du roi Mirian et Perojavra était mariée au gouverneur de la région de Kartli. Les deux femmes étaient reines, mais elles réussirent à servir sainte Nina, tout en conservant leurs rôles impériaux. Sainte Nina leur apprit à prier, et les femmes jeûnèrent régulièrement et accomplirent bonnes œuvres. En raison de leur statut social influent, les deux reines étaient en mesure d'aider sainte Nina énormément pour la propagation de la foi chrétienne.
Après la conversion de Kartli, sous l'inspiration de sainte Nina et par l'ordre du roi Mirian, sainte Salomé érigea une croix à Oujarma dans la région de Kakhétie.
Lorsque sainte Nina tomba malade dans le village de Bodbé, les reines Salomé et Perojavra se tinrent près de son lit et pleurèrent amèrement d'avoir à se séparer de leur maîtresse et guérisseuse bien-aimée. Elles supplièrent sainte Nina, qui achevait ses dernières heures sur terre, en disant: "Dis-nous, notre reine, comment es-tu venue dans notre pays pour libérer nos âmes, et où as-tu été élevée? Dis-nous comment poursuivre tes bonnes œuvres. Toi qui nous as délivrées de l'esclavage de l'Ennemi, dis-nous, que ferons-nous? "
D'après les informations que sainte Nino leur fournit alors, saintes Salomé et Perojavra écrivirent La Vie de saint Nina, Illuminatrice de Géorgie. 
L'Eglise Orthodoxe Apostolique de Géorgie les commémore le 15 janvier, le lendemain de la commémoration de saint Nina.

Ô Saintes Salomé et Perojavra, qui vous tenez devant le Christ, notre Roi et notre Dieu, ayezpitié de nous et sauvez-nous!



Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006

vendredi 27 janvier 2017

Sainte Nina ( ou Nino) Egale-aux-Apôtres, illuminatrice de la Géorgie



Mémoire le 14/27 janvier
La Vierge Nina de Cappadoce, était parente du grand martyr Georges, elle était la fille unique d'un couple très honorable et respecté. Son père était un officier de l'armée romaine du nom de Zabulon et sa mère, Sosana était sœur du patriarche de Jérusalem Juvénal.

Quand Nina atteignit l'âge de douze ans, ses parents vendirent tous leurs biens et allèrent à Jérusalem. peu après, son père fut tonsuré moine. Il fit ses adieux à sa famille et partit lau combat spirituel dans le désert du Jourdain.

Après que sa mère soit séparée de son époux, le patriarche de Jérusalem ordonna Sosana diaconesse. Elle laissa sa fille Nina entre les mains d'une vieille femme Sara Niaphor qui l'éleva dans la foi chrétienne et lui raconta des épisodes de la vie du Christ et de Ses souffrances sur terre. Ce fut par Sara que Nina sut comment la Tunique du Christ était arrivée en Géorgie, terre païenne.

Bientôt Nina commença à prier avec ferveur la Mère de Dieu, lui demandant Sa bénédiction pour voyager en Georgie et être digne de vénérer la sainte Tunique qu'elle avait tissée pour Son Fils bien aimé. La Très Sainte Vierge entendit ses prières et apparut en songe à Nina, lui disant: " Va dans ce pays qui me fut donné en apanage et prêche l'Evangile de notre Seigneur Jésus-Christ. Il enverra sur toi Sa grâce et je serai ta protectrice.

Mais la bienheureuse Nina fut écrasée à la pensée d'une aussi grande responsabilité et répondit: " Comment moi, frêle femme, pourrais-je accomplir une si lourde tâche, et comment puis-je être assurée que cette vision est réelle?" En réponse, la Mère de Dieu luii présenta une croix faite de sarments de vigne et dit: " Reçois cette croix comme un bouclier contre les ennemis visibles et invisibles!"

Quand elle se réveilla, Nina tenait cette croix dans ses mains. Elle l'arrosa de ses larmes de joie et la lia avec ses propres cheveux.

Nina raconta cette vision à son oncle le patriarche Juvénal et lui révéla son désir de prêcher l'Evangile en Georgie. Juvénal l'amena près des portes royales, lui imposa les mains et pria ainsi: " O Seigneur, Dieu d'Eternité, je Te supplie pour ma nièce orpheline, accorde que selon Ta volonté, elle puisse aller prêcher et proclamer Ta sainte résurrection. O Christ Dieu, sois son guide, son refuge et son père spirituel. Et ainsi que Tu illuminas les apôtres et tous ceux qui craignaient Ton Nom, illumine la aussi avec Ta sagesse pour qu'elle proclame Ta Bonne Nouvelle."

Quand Nina arriva à Rome, elle rencontra la Princesse Rhipsimia et sa nourrice Gaiana et les baptisa. En ces temps, Dioclétien était empereur de Rome et en gouverneur infame, il persécutait les chrétiens. Dioclétien ( 286-344) tomba amoureux de Rhipsimia et résolut de l'épouser, mais sainte Nina, Gaiana et cinquante autres vierges s'échappèrent en Arménie. Dioclétien furieux, ordonna à ses soldats de les poursuivre et envoya un message à Tiridates, le roi arménien ( 246-344) pour l'avertir.

Le roi Tiridates localisa les femmes et suivant l'exemple de Dioclétien, fut charmé par la beauté de Rhipsimia et résolut lui aussi de l'épouser. Mais Rhipsimia ne consentit point à l'épouser et dans sa rage, le roi la fit torturer à mort avec Gaiana et les cinquante autres vierges.

Sainte Nina, cependant était préparée pour une autre tâche plus grande, et elle parvint à échapper à la persécution du roi Tiridates en se cachant dans un buisson de roses.

Quand elle arriva enfin en Géorgie, sainte Nina fut saluée par un groupe de Pèlerins de Mtskheta près du lac Paravani et elle reçut une bénédiction de Dieu pour prêcher aux païens de cette région.

Avec l'aide de ces nouvelles connaissances, sainte Nina atteignit bientôt la ville d'Urbnisi. Elle y demeura un mois, puis alla à Mtskheta avec un groupe de géorgiens qui faisaient un pèlerinage pour vénérer l'idole païenne Armazi. Là, elle vit avec grande tristesse les géorgiens tremblants devant les idoles. Elle fut très peinée et pria ainsi le Seigneur: " O Seigneur, envoie Ta miséricorde sur cette nation...que toutes les nations Te glorifient, Toi seul, le Dieu Unique et Véritable, par Ton Fils Jésus-Christ."

Soudain, un vent violent commença à souffler et de la grêle tomba du ciel, brisant les statues païennes. Les adorateurs d'idoles terrifiés, s'enfuirent, s'éparpillant dans toute la cité.

Sainte Nina fit son logis sous un buisson de ronces dans le jardin du roi, avec la famille du jardinier royal. Le jardinier et sa femme étaient sans enfants, mais par les prières de sainte Nina, Dieu leur accorda un enfant. Le couple se réjouit grandement, déclarant que le Christ était le Vrai Dieu, et ils devinrent disciples de sainte Nina. Où qu'elle aille, ceux qui l'entendaient prêcher se convertissaient en grand nombre à la foi chrétienne. Sainte Nina guérit même la reine Nana qui était atteinte d'une maladie mortelle, après qu'elle eût déclara que le Christ était le Vrai Dieu.

Le roi païen Mirian, n'était pas heureux de la grande impression que produisait la prédication de sainte Nina sur la nation géorgienne. Un jour, alors qu'il chassait, il résolut de tuer tous ceux qui suivaient le Christ. Selon son plan misérable, même son épouse la reine Nana devrait faire face à la mort, si elle ne reconçait pas à la foi chrétienne.

Mais pendant la chasse, le ciel s'assombrit soudain. Resté tout seul, le roi Mirian fut très effrayé et pria en vain les dieux païens de venir à son secours. Comme ses prières restèrent sans réponse, il perdit finalement espoir et se tourna vers le Christ disant: " Dieu de Nina, illumine cette nuit pour moi, guide mes pas et je proclamerai Ton Saint Nom. J'érigerai une croix et je la vénèrerai et je construirai pour Toi un temple. Je jure d'être obéissant à Nina et à la foi du peuple romain!"

Soudain la nuit fut transfigurée, le soleil brilla radieusement et le roi Mirian remercia grandement le Créateur. Quand il revint à la cité, il informa immédiatement sainte Nina de sa décision.

Ainsi, par les labeurs incessants de sainte Nina Egale-aux-Apôtres, la Géorgie fut établie comme une nation solidement enracinée dans la foi chrétienne.

Sainte Nina reposa dans le village de Bodbe en Géorgie orientale, et, selon sa volonté, elle fut enterrée là où elle poussa son dernier soupir. Le roi Mirian érigea plus tard une église en l'honneur de saint Georges au-dessus de sa tombe.

Comme un bon pasteur
Tu as baptisé la brebis perdue
Et conduit le peuple géorgien 
Vers le Dieu Vrai et unique
Ô sainte Nina intercède
auprès du Christ notre Dieu pour tes enfants.

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
+

samedi 21 janvier 2017

Saint martyr Abo de Tbilissi (+786)




8/21 janvier


Au 8e siècle, une armée sarrasine tyrannisa Kartli, premier pas vers l'annihilation de la nation géorgienne. Les envahisseurs étaient convaincus que le meilleur moyen de conquérir la Géorgie était de déraciner la foi chrétienne. Le peuple géorgien fut alarmé, et le clergé et les meilleurs fils de Kartli cherchèrent désespérément une solution à cette calamité. Beaucoup de sang fut versé en 766 quand les envahisseurs musulmans écrasèrent un soulèvement dans la région orientale de Kakhétie.

En 772, le calife Al-Mansour (754-775), insatisfait du gouverneur de la province de Kartli, le duc Nerses, l'appela à Bagdad. Nerses passa les trois années suivantes en captivité. Pendant ce temps, il fit la connaissance d'un parfumeur de dix-sept ans nommé Abo, et quand il fut libéré, il emmena Abo avec lui en Géorgie. Abo fut surpris par la grande piété du peuple géorgien, et il commença à apprendre la langue géorgienne, à assister aux offices divins, et à parler avec des prêtres locaux. Abo chercha de tout son cœur à devenir chrétien, et il fut finalement baptisé en Khazarie,alors qu'il était en compagnie du duc Nerses.

Plus tard, Abo accompagna la duc de Abkhazeti, pour échapper aux raids des Sarrasins. Découvrant une population entière des chrétiens louant Jésus-Christ du cœur et des lèvres, Abo remercia grandement Dieu d'avoir eu l'occasion de visiter cette région. Nerses ensuite retourna à Kartli, mais Abo resta à la demande du roi abkhaze, qui craignait que les Sarrasins ne torturent Abo pour sa foi fervente en Christ. Bientôt, cependant, Abo fut devenu agité et dit au roi: "Laisse-moi aller, et je déclarerai librement ma foi chrétienne à ceux qui haïssent le Christ!"

Abo œuvra à Tbilissi pendant trois ans, prêchant la foi chrétienne. Puis ses propres anciens compatriotes le trahirent et le capturèrent, mais il fut libéré peu de temps après, à la demande du duc Stepanoz.

Un nouvel émir fut nommé pour gouverner à Tbilissi, et quand les chrétiens apprirent qu'il complotait pour capturer Abo, ils le prièrent de dissimuler son identité. Mais Abo se réjouit simplement et leur dit: "Je suis prêt non seulement à être torturé pour le Christ, mais aussi à mourir pour Lui." Comme prévu, les serviteurs de l'émir capturèrent Abo et l'amenèrent devant un juge. Le juge tenta en vain d'attirer Abo à revenir à la foi de ses ancêtres. Puis, en colère, il ordonna qu'Abo soit jeté en prison et que ses mains et les pieds soient entravés dans des chaînes. Mais sa souffrance pour le Christ remplit le bienheureux Abo d'un amour encore plus grand, et il demanda à ses frères et sœurs chrétiens de vendre ses vêtements et d'utiliser l'argent gagné pour acheter des cierges et de l'encens pour les églises locales.

Le jour de son exécution, Abo se lava le visage, il l'oignit avec de l'huile sainte, communia aux Saints Dons, et se prépara pour sa mort, comme pour la préparation d'un festin. "Ne pleurez pas, mais réjouissez-vous, car je vais à mon Seigneur. Priez pour moi, et que la paix de Dieu vous protège", dit-il joyeusement aux chrétiens fidèles qui l'entouraient pendant ses dernières heures.

Quand son heure fut venue, saint Abo posa ses bras sur sa poitrine en forme de croix et joyeusement baissa la tête sous l'épée. Les bourreaux agitèrent leurs épées à trois reprises dans l'espoir de terrifier Abo pour qu'il renie le Christ, mais le bienheureux Abo fut inébranlable jusques à son dernier souffle. Enfin, convaincu que tous leurs efforts et ruses étaient vains, les bourreaux reçurent un signe et ils décapitèrent le saint Abo. Vaincus et honteux, les bourreaux impies d'Abo jetèrent son corps, ses vêtements, et la terre qui avait été trempé de son sang dans un sac, le traînèrent hors de la ville, et il le brûlèrent près de la rivière Mtkvari. Puis ils enveloppèrent ses cendres dans une peau de mouton et les jetèrent dans la rivière.

Dans la soirée, un signe fut donné d'en Haut. A côté de la falaise de Metekhi, près du pont, une étoile brillante était suspendue au-dessus de la rivière avec sa lumière se reflétant dans l'eau, là où les restes du saint reposaient. Plus tard, on construisit une chapelle en l'honneur de Saint-Abo sur la rive gauche de la rivière Mtkvari.

L'Eglise célèbre ta mémoire et ses enfants se rassemblent pour louer tes œuvres, ta vie victorieuse, et les eaux que tu sanctifias par ta mort. Ô saint Abo. joyau de tous les martyrs!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
+


mardi 17 janvier 2017

Vénérables Pères Evagre, Elie (Ilia) le diacre, et les disciples des Pères Syriens 4 Janvier

Venerable Fathers Evagre, Ilia the Deacon, and the Disciples of the Thirteen Syrian Fathers

 4/ 17 janvier

      Les treize Pères syriens arrivèrent en Géorgie au 6ème siècle, après avoir reçu une bénédiction pour leur voyage de la Très Sainte Génitrice de Dieu. Ils s'installèrent sur le mont Zedazeni, menant une vie ascétique de prière et de jeûne. Leur chef spirituel, Jean (Ioane), les envoya alors pour accomplir de bonnes œuvres dans diverses régions de Géorgie. La fondation de plusieurs monastères et le renouveau de la vie monastique aujourd'hui en Géorgie sont liés aux noms des treize Pères syriens.
      Saint Jean envoya un de ses disciples, Shio, fils d'un noble d'Antioche craignant Dieu, prendre sa demeure à proximité dans les montagnes de Sarkineti. Par la grâce de Dieu, une colombe apporta de la nourriture à Shio dans les montagnes désertes où il œuvrait.
      Un certain gouvernant, Evagre de Tsikhedidi, allait souvent à la chasse dans la zone où Saint-Shio vivait. Lors de l'une de ses excursions, il rencontra le vénérable Shio et fut tellement impressionné par sa façon merveilleuse de vivre qu'il décida de rester avec lui. Saint Evagre renonça à tous ses biens et fut trouvé digne d'être nommé higoumène au moment de la mort de saint Shio.
      Saint Jean resta sur la montagne de Zedazeni avec un seul disciple, le saint diacre Elie (Ilia). Père Elie fut une grande consolation pour saint Jean dans ses infirmités. Saint Elie était lui aussi un grand ascète, œuvrant dans la prière, le jeûne et la mortification de la chair.
      La montagne sur laquelle ils vivaient était complètement dépourvue d'eau. Saint Elie travailla à la sueur de son front pour transporter l'eau de la rivière Aragvi, qui coule au pied de la Montagne de Zedazeni. En voyant les grands travaux ascétiques de son disciple, saint Jean pria Dieu avec  larmes pour qu'Il leur fournisse une source d'eau au-dessus de cette haute montagne. Dieu entendit la prière de son serviteur et une source d'eau délicieuse commença à couler.
      Saint Elie le diacre accompagnait souvent Saint Jean lors de ses voyages. Un jour, Père Jean
 l'emmena au monastère de saint Shio, et Elie le diacre, à sa demande, présenta à saint Jean un verre de vin dans le réfectoire. Saint Jean béni fit le signe de la croix sur la coupe, il l'éleva en l'air, pria Dieu, et la coupe resta en suspension dans l'air. Elle resta là où il l'avait placée, comme si elle était soutenue par une main invisible.
      Un jour, saint Elie alla à la source pour puiser de l'eau. Levant les yeux, il vit en face de lui un ours de taille énorme approchant de la source. Elie fut terrifié et, laissant son seau, se tourna et s'enfuit vers le moine du grand schème Jean pour lui parler de l'ours. Saint Jean suivi son disciple jusques au puits et vit  l'ours qui buvait de l'eau. Saint Jean humblement déclara: "Bois, si tu as soif et va t'en d'ici. Mais je te dis que désormais, toi et tes semblables n'oseront jamais faire de mal à personne sur cette montagne. "
En entendant les paroles du saint et inclinant sa tête comme un serviteur obéissant, l'ours quitta immédiatement la source. Et à ce jour, les animaux continuent d'obéir au commandement de saint Jean.
      Le saint diacre Elie resta avec saint Jean le reste de sa vie. L'Eglise Apostolique Géorgienne implore la protection du vénérable Evagre, d'Elie le diacre, et tous les bienheureux et pieux startsy qui vécurent avec les treize Pères syriens et continuèrent à œuvrer dans la sainteté jusques à la fin de leur vie.

Les puissances angéliques vous reçurent, ô vénérable Evagre et Elie le Diacre, qui êtes revêtus de majesté. Avec les anges, louez le Maître de toutes choses. Priez-Le d'avoir pitié de nos âmes!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006



lundi 16 janvier 2017

Saint Euthyme Taquaichvili, "l'Homme de Dieu" ( +1953)




Saint Euthyme 3/16 janvier

Saint Euthyme  (Ekvtime Taqaichvili, appelé "l'homme de Dieu", est né le 3 janvier 1863, dans le village de Likhauri, dans le district Ozourgeti de Gouria, dans la noble famille de Syméon (Svimeon) Taqaishvili et Gituli Nakashidzé. Il devint orphelin à un jeune âge et futélevé par son oncle.


Dès la petite enfance saint Euthyme fit preuve d'une grande passion pour l'apprentissage. Après avoir terminé ses études au lycée du village, il s'inscrivit à l'école secondaire classique de Kutaisi. En 1883, il obtint une médaille d'argent et déménagea à Saint- Pétersbourg pour poursuivre ses études dans le département d'histoire et de philologie à l'Université de Saint-Pétersbourg. En 1887, après avoir terminé avec succès ses études et obtenu un diplôme en histoire, saint Euthyme retourna en Géorgie et commença à travailler dans le domaine universitaire. Sa foi profonde et son amour pour Dieu et sa patrie détermina chacun de ses pas tous dans ce métier exigeant et admirable.



En 1895 Euthyme épousa Nino Poltoratskaya, fille du célèbre avocat de Tbilissi Ivan Poltoratsky, qui était lui-même beau-frère et ami proche de saint Elie Tchavtchavadzé le Juste. Dès le début de sa carrière, saint- Euthyme commença à recueillir des matériaux historiques et archéologiques et ethnographiques de toute la Géorgie. Sa sphère d'intérêts académiques était large, comprenant l'historiographie, l'archéologie, l'ethnographie, l'épigraphie, la numismatique, la philologie, le folklore, la linguistique et l'histoire de l'art. Par-dessus tout, saint Euthyme s'efforça d'en apprendre davantage sur l'histoire  et la culture de la Géorgie en appliquant les théories et les méthodes de ces différentes disciplines pour son travail.



En 1889, saint Euthyme créa le Musée de  l'Exarchat de la Géorgie, dans lequel furent conservés les manuscrits anciens, les objets sacrés, des livres de théologie, et des copies de nombreuses fresques importantes qui avaient été retirées des églises anciennes. Ce musée joua un rôle majeur dans la redécouverte de l'histoire de l'Eglise géorgienne.



En 1907, saint Euthyme fonda la Société d'histoire et d'ethnographie de Géorgie. Parmi les nombreuses expéditions organisées par cette société, le voyage à travers la Géorgie musulmane (au sud-ouest) fut l'un des plus significatifs. Ayant été témoin de la suite de l'isolement forcé et l'islamisation de la région, Saint Euthyme et ses compagnons de pèlerinage acquirent un plus grand amour pour la foi de leurs ancêtres et devinrent plus fermement établis dans leur identité nationale. Bien qu'ils ne parlassent plus la langue géorgienne, les habitants de cette région reçurent le vénérable Euthyme avec un grand respect, ayant senti par son accueil et sa gentillesse qu'il venait de leur lointaine patrie.



Il n'y eut pas un seul mouvement patriotique, social ou culturel en Géorgie au cours du premier trimestre du 20ème siècle auquel saint Euthyme n'ait pas participé activement. Parmi ses autres réalisations importantes, il fut l'un des neuf professeurs qui fondèrent l'université de Tbilissi en 1918. Saint Euthyme défendit aussi vigoureusement la restauration de l'autocéphalie de l'Église orthodoxe géorgienne.



Le 11 Mars 1921, le gouvernement géorgien partit  en exil en France. Les archives gouvernementales et les trésors spirituels et culturels de la nation furent également emportées en  France pour les protéger contre le danger bolchevique. Saint Euthyme était personnellement chargé de mettre les trésors en sécurité, et lui et sa femme les accompagnèrent dans leur fuite vers la France. Saint Euthyme supporta les difficultés de la vie d'un émigrant et les horreurs de la Seconde Guerre mondiale avec héroïsme, tandis qu'il résista hardiment aux assauts de chercheurs et des collectionneurs européens et américains et aux revendications des autres émigrés géorgiens concernant leurs «souvenirs de famille».



En 1931, l'épouse de saint Euthyme, Nino, sa fidèle amie et compagne, mourut de faim. Le veuf âgé lui-même s'approcha souvent au bord de la mort par la faim, le froid et le stress, mais il ne faiblit jamais dans son devoir devant Dieu et sa Patrie-il protégea fidèlement les trésors de sa nation.



Les périls furent grands pour saint- Euthyme et les trésors qu'il protégeait: les musées britanniques et américains cherchèrent à acheter les objets nationaux géorgiens, une certaine Salomé Dadiani, veuve du comte Okholevsky, se déclara l'unique héritière du trésor national géorgien; au cours de la Seconde Guerre mondiale les nazis fouillèrent l'appartement de saint Euthyme, et même le gouvernement français revendiqua la propriété des trésors géorgiens.




Enfin, la victoire soviétique sur l'Allemagne fasciste créa des conditions favorables pour le retour des trésors nationaux à la Géorgie. Selon un accord entre Staline et de Gaulle, les trésors et leurs protecteurs fidèles furent chargés sur un avion de guerre américain et rapatriés dans leur patrie le 11 Avril, 1945. Quand il descendit finalement de l'avion et mit le pied sur le sol géorgien, saint Euthyme s'inclina profondément et baisa la terre où il se trouvait. La Géorgie accueillit son fils perdu depuis longtemps avec beaucoup d'honneur. Le peuple comblé. accueillit saint Euthyme avec soin et attention, restaura son poste de professeur universitaire, et le reconnut comme membre actif de l'Académie des sciences. Il guérit les blessures qui avaient été infligées à son cœur.

Epuisé par la séparation d'avec sa mère patrie et les malheurs de l'émigration, saint Euthyme rejoignit la société avec ses dernières forces. Mais l'Ennemi de l'humanité devint jaloux de la victoire du bien sur le mal et se leva contre l'esprit inébranlable d'Euthyme. En 1951, les tchékistes arrêtèrent sa belle-fille, Lydia Poltoratskaya. Saint Euthyme, qui à cette époque était gravement malade, fut alorst laissé sans son aide. En 1952, sans aucune explication raisonnable, il fut interdit à saint Euthyme de donner des cours à l'université qu'il avait lui-même contribué à fonder, et il fut secrètement placé en résidence surveillée. Les personnes qui l'avaient pieusement accueilli à son retour, tremblaient maintenant dans la crainte de la persécution et de la mort imminente. Beaucoup essayèrent de lui rendre visite et de soutenir saint Euthyme, mais cela leur fut interdit. Le 21 Février 1953, saint Euthyme mourut d'une crise cardiaque, et trois jours plus tard, un groupe d'une quarantaine de personnes en deuil accompagnèrent le prince vertueux à son lieu de repos éternel.

Le 10 février 1963, pour le centenaire de la naissance de saint Euthyme, son corps fut inhumé au Panthéon Didube à Tbilissi. Quand sa tombe fut découverte, il fut révélé que non seulement son corps, mais même ses vêtements et de chaussures étaient restés intacts. Les reliques de saint Euthyme furent déplacées une fois de plus, au Panthéon, à l'église de Saint- Davit des Gareji à Mtatsminda, où elles reposent actuellement.

Le corps de Nino Poltoratskaya-Taqaichvili fut rapatrié de Leville (France) et enterré à côté de saint Euthyme le 22 février 1987.

Le Saint-Synode de l'Eglise Orthodoxe Apostolique de Géorgie glorifia saint- Euthyme le 17 octobre 2002, et  le proclama joyeusement "homme de Dieu".


Ô saint Homme de Dieu Euthyme, 
qui préserva les trésors culturels 
et spirituels de la nation géorgienne 
avec la plus grande dévotion 
et qui devint une icône de l'amour, 
prie Dieu, Qui est Amour, 
d'avoir pitié de nos âmes!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006

vendredi 13 janvier 2017

VENERABLE MERE SABINE ( SABIANA), HIGOUMENE DE COUVENT DE SAMTSKHE (11ème siècle)




Mémoire le 31 décembre/ 13 janvier 

Les moniales des monastères géorgiens ont été historiquement extraordinaires de diligence. Dieu leur a confié des devoirs particuliers de prière incessante, de jeûne, de travaux d'aiguille et d'éducation des orphelins. Les moniales ont été considérées comme des vases de sainteté et de sagesse, et même les rois s'inclinaient devant elles.
Beaucoup de nobles géorgiens envoyaient leurs enfants auprès des moniales afin qu'elles les éduquent dans la foi chrétienne. Selon la grande figure de l'Eglise Georges le Minime, quand les parents de saint Georges de la Sainte Montagne décidèrent de faire élever leur fille Thècle (Tekla)première née par les moniales, ils l'envoyèrent vers la "digne et sainte" Sabine , qui était alors higoumène du monastère de Samtskhe Tadzrisi en Géorgie du sud. Sainte Sabine accueillit Thècle comme si elle était sa propre fille.
Avant peu de temps, le frère de Thècle, Georges qui avait sepzt ans, fut aussi amené au monastère, et sainte Sabine passa trois ans à l'éduquer et à l'instruite dans la vie spirituelle.
D'autres informations sur la vie et les œuvres de sainte Sabins, n'ont tristement pas été préservées. mais comme l'atteste le Saint Evangile selon Saint Matthieu, l'arbre est reconnu à ses fruits (Matthieu 12:33). Le haut niveau de vie monastique durant e temps où sainte Sabine fut higoumène et les pieuses vies de ses enfants spirituels, témoignent des grandes cimes spirituelles qu'elle atteignit.

L'image de Dieu fut préservée en toi, ô Mère, car tu pris ta croix et tu suivis le Christ. Tu enseignas que la chair doit être méprisée comme éphémère, tandis que l'âme a besoin de grand soin, étant immortelle. C'est pourquoi tu te réjouis avec les anges ô sainte Mère Sabine!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in